Le Made in France, c’est bien, mais…

Quoi de plus naturel que de consommer ce qui vient de son propre pays ? Alors pourquoi en parle-t-on autant ? Parce que ce n’est plus aussi évident que par le passé. La libre circulation des biens et marchandises nous a permis d’acheter à bas coût de l’électroménager Made in China ou encore des vêtements Made in Bangladesh.

illustration © Tyrsa 

Mais la mondialisation nous a réservé d’autres surprises : fermeture d’usines françaises, accidents industriels dans des pays aux normes de sécurités discutables, scandales alimentaires, monde agricole en crise… La confiance des consommateurs s’est érodée.

Tant et si bien qu’aujourd’hui, à la question « lorsque vous faites vos achats, est-ce que le critère -fabriqué en France- est important pour vous? » 75% des personnes interrogées répondent oui, selon une étude du Credoc de juin 2017. Et ce chiffre ne fait qu’augmenter. En 2000, il n’était que de 65%.

Une question de confiance

Le Made in France, c’est d’abord une question de confiance. On achète des produits Français parce que l’on sait qu’ils sont soumis à une régulation stricte, parce qu’ainsi on maintient l’emploi sur notre territoire, mais aussi un peu par chauvinisme. En effet, en France, la volonté de consommer local est plus forte que dans les autres pays Européens.

Le cas des compléments alimentaires 

Car c’est bien ce qui nous intéresse ici ! Pour mettre sur le marché un complément alimentaire, le fabricant doit recueillir l’approbation de la DGCCRF (Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes). Suite à l’élaboration d’un dossier des contrôles sont effectués, dont une partie concerne les allégations. Par exemple, il est interdit de dire que « la spiruline est l’anti-oxydant le plus puissant » si l’on a pas à disposition d’études scientifiques le prouvant.

Vous n’imaginez pas le nombre d’aller-retours concernant la législation lors de la création d’une étiquette !

Que dit la loi ?

En France, la loi est très claire : Les simples finitions ou le conditionnement ne suffisent pas à conférer l’origine à un produit. Concernant les produits qui ont été assemblés ou transformés dans au moins 2 pays, seuls sont éligibles au « made in France » :

• les produits dont la dernière transformation ou ouvraison substantielle, c’est-à-dire ayant abouti à la création d’un produit nouveau, a été réalisée en France,

les produits dont 45 % de la valeur ajoutée a été réalisée en France.

Indiquer une origine trompeuse est une infraction qui peut être sanctionnée de 2 ans de prison et d’une amende de 37 500 €.

Spiruline Nutri&Co, cultivée dans le Tamil Nadu, en Inde

Attention à l’erreur du 100% made in France.

Le made in France, c’est très bien mais il faut être lucide. Certains produits sont de bien meilleure qualité lorsqu’ils viennent de l’étranger, car ils y sont extraits de leur milieu naturel. Parfois certains ne sont pas disponibles en France, ou alors en trop faible quantité. (image curcuma)

Certains produits, comme la spiruline, ont besoin d’une chaleur importante. La cultiver en France nécessite d’utiliser des serres chauffées. Paradoxalement, il est donc plus écologique d’importer de la spiruline depuis l’autre bout du monde que la cultiver en France avec un chauffage artificiel !

S’il est indispensable de vérifier la provenance, le produit doit dans tous les cas être controlé en France, mais le « made in France » n’est pas le gage ultime de qualité.