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Faut-il choisir une spiruline cultivée en France ?

Naturalia, Bio C’Bon, Biocoop ou encore La Vie Claire… Les spirulines françaises ont envahi les linéaires des enseignes bio ! Mais que valent-elles vraiment ? Qui les produit ? Et pourquoi une marque ventant le Made in France comme Nutri&Co n’en est pas le premier ambassadeur ? On vous explique tout !

Photo ©Nutrex Hawaï

Des prix prohibitifs

C’est un fait, la spiruline n’est pas issue de nos contrées tempérées(1). Pour se gorger de nutriments et se multiplier, elle nécessite un climat que seules les régions tropicales sont capables de lui offrir. Ainsi, quand les fermes les mieux situées cultivent l’algue toute l’année avec un rendement moyen de 15gr/m2/jour, les producteurs français ne disposent que de 5 à 6 mois et atteignent péniblement 10gr/m2/j. Pour poursuivre la production en période hivernale, chauffage et éclairage sont nécessaires, engendrant un surcoût considérable. C’est donc sans surprise que des différences de prix significatives apparaissent avec une spiruline française se négociant 4 à 5 fois plus chère que sa cousine tropicale.

Et le coût de main d’œuvre alors ? Pas vraiment… la culture de spiruline n’est pas gourmande en main d’œuvre, c’est d’ailleurs ce qui permet aux fermes californiennes et hawaïennes de s’aligner sur les prix dits « tropicaux ».


Située à Rochefort, la ferme pilote de Charly Margain produit sans doute l’algue la plus qualitative de l’hexagone avec ses 22,15% de phycocyanine.

Une qualité surévaluée

Une idée tenace voudrait que nos producteurs soient les seuls garants de la qualité face au rouleau compresseur des grandes fermes asiatiques. Mais chez Nutri&Co, nous pensons que c’est un mythe…

N’en déplaise aux puristes du 100% Made in France, les pays asiatiques se sont intéressés à la spiruline dès les années 70. Chez eux, la phycocyanine est utilisée en hôpital depuis les années 90. On vous passe le décompte des brevets en culture de micro-algues, le Japon, la Chine et l’Inde ont 30 ans d’avance sur nous. Dire que 100% de leur production présente une mauvaise qualité serait clairement exagéré. Comme partout, il y a du bon et du moins bon.

De son côté, le cultivé en France n’est pas nécessairement une garantie de qualité. Niveau propreté, des cas de haute teneur en métaux lourds ont déjà été signalés, et comme toutes les fermes de la planète, il arrive parfois qu’un bassin soit contaminé. Sur le plan nutritif, les très hautes teneurs en phycocyanine (18-22%) restent rares et sont issues de sites pilotes de faible capacité. La moyenne se situe plus autour de 12%. Notons aussi qu’en date de cet article, aucune ferme française n’est certifiée biologique (AB).

S’il est vrai que les bassins français restent pour l’heure de petites tailles, deux unités industrielles sont en train de voir le jour : Cyane, en Bretagne et Algae Natural Food en Alsace. Cumulée, leur production atteint tout de même 60 tonnes en 2017 et devrait rapidement s’accaparer plus les trois quarts du marché. Est-ce un mal ? Pas sûr (2)…

Les rivières les plus polluées d’Europe sont en France(3).

Sur cette carte, les chiffres correspondent au pourcentage de sites dans chaque basin de rivière ou les niveaux de polution sont non-léthaux mais peuvent causer des dommages sur le long terme.

Notre arbitrage

Face à un prix variant du simple au quadruple sans justification qualitative, que faire ? Nous avons opté pour la solution consommateur la plus économique, d’autant plus que cultivée sans éclairage ni chauffage, notre spiruline affiche un bilan carbone neutre, malgré son importation(4). En plus de cumuler 35 ans d’expérience, notre producteur indien est le premier à avoir développé une culture 100% biologique.

Et puis rassurez-vous, notre spiruline est passée au crible suivant les règles de sécurité sanitaires françaises : contrôle des teneurs annoncées, analyses bactériologiques, métaux lourds et pesticides, notre laboratoire de conditionnement est certifié ISO 22000 afin de vous garantir un produit irréprochable ! Vous pouvez retrouver toutes les analyses sur la page de notre Spiruline.

1 : une souche camarguaise aurait toutefois été isolée récemment.
2 : article à venir sur la spiruline industrielle
3 : Ralf Schäfer and al, Universtié de Coblence, Allemagne, 2014.
4 : la spiruline consomme du CO2 pour croitre et se reproduire.

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Le Made in France, c’est bien, mais…

Quoi de plus naturel que de consommer ce qui vient de son propre pays ? Alors pourquoi en parle-t-on autant ? Parce que ce n’est plus aussi évident que par le passé. La libre circulation des biens et marchandises nous a permis d’acheter à bas coût de l’électroménager Made in China ou encore des vêtements Made in Bangladesh.

illustration © Tyrsa 

Mais la mondialisation nous a réservé d’autres surprises : fermeture d’usines françaises, accidents industriels dans des pays aux normes de sécurités discutables, scandales alimentaires, monde agricole en crise… La confiance des consommateurs s’est érodée.

Tant et si bien qu’aujourd’hui, à la question « lorsque vous faites vos achats, est-ce que le critère -fabriqué en France- est important pour vous? » 75% des personnes interrogées répondent oui, selon une étude du Credoc de juin 2017. Et ce chiffre ne fait qu’augmenter. En 2000, il n’était que de 65%.

Une question de confiance

Le Made in France, c’est d’abord une question de confiance. On achète des produits Français parce que l’on sait qu’ils sont soumis à une régulation stricte, parce qu’ainsi on maintient l’emploi sur notre territoire, mais aussi un peu par chauvinisme. En effet, en France, la volonté de consommer local est plus forte que dans les autres pays Européens.

Le cas des compléments alimentaires 

Car c’est bien ce qui nous intéresse ici ! Pour mettre sur le marché un complément alimentaire, le fabricant doit recueillir l’approbation de la DGCCRF (Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes). Suite à l’élaboration d’un dossier des contrôles sont effectués, dont une partie concerne les allégations. Par exemple, il est interdit de dire que « la spiruline est l’anti-oxydant le plus puissant » si l’on a pas à disposition d’études scientifiques le prouvant.

Vous n’imaginez pas le nombre d’aller-retours concernant la législation lors de la création d’une étiquette !

Que dit la loi ?

En France, la loi est très claire : Les simples finitions ou le conditionnement ne suffisent pas à conférer l’origine à un produit. Concernant les produits qui ont été assemblés ou transformés dans au moins 2 pays, seuls sont éligibles au « made in France » :

• les produits dont la dernière transformation ou ouvraison substantielle, c’est-à-dire ayant abouti à la création d’un produit nouveau, a été réalisée en France,

les produits dont 45 % de la valeur ajoutée a été réalisée en France.

Indiquer une origine trompeuse est une infraction qui peut être sanctionnée de 2 ans de prison et d’une amende de 37 500 €.

Spiruline Nutri&Co, cultivée dans le Tamil Nadu, en Inde

Attention à l’erreur du 100% made in France.

Le made in France, c’est très bien mais il faut être lucide. Certains produits sont de bien meilleure qualité lorsqu’ils viennent de l’étranger, car ils y sont extraits de leur milieu naturel. Parfois certains ne sont pas disponibles en France, ou alors en trop faible quantité. (image curcuma)

Certains produits, comme la spiruline, ont besoin d’une chaleur importante. La cultiver en France nécessite d’utiliser des serres chauffées. Paradoxalement, il est donc plus écologique d’importer de la spiruline depuis l’autre bout du monde que la cultiver en France avec un chauffage artificiel !

S’il est indispensable de vérifier la provenance, le produit doit dans tous les cas être controlé en France, mais le « made in France » n’est pas le gage ultime de qualité.