La mycothérapie : les bienfaits des champignons médicinaux 

mycothératie

Ce qu'il faut retenir :

  • La mycothérapie désigne l'utilisation thérapeutique des champignons médicinaux et de leurs extraits, en complément de la médecine conventionnelle.
  • Ces champignons contiennent des composés bioactifs spécifiques (bêta-glucanes, triterpènes, polysaccharides) dont les effets sur la santé humaine font l'objet d'un nombre croissant d'études cliniques.
  •  Chaque espèce présente un profil d'action distinct : le Cordyceps agit sur l'énergie et la récupération musculaire, le Lion's Mane sur les fonctions cognitives, le Reishi sur le stress et l'immunité.

Les champignons médicinaux sont utilisés depuis plus de 2 000 ans en médecine traditionnelle asiatique. Aujourd'hui, la recherche scientifique documente leurs mécanismes d'action et plusieurs effets mesurables chez l'humain. C'est le champ de la mycothérapie.

Qu’est-ce que la mycothérapie ?

La mycothérapie tient ses origines de la médecine traditionnelle chinoise, à l'époque du règne des Mycètes. Le terme "mycothérapie" est formé à partir de deux racines grecques : myco qui signifie champignon et thérapie qui signifie traitement. Ainsi, la mycothérapie désigne une médecine alternative dans laquelle les champignons sont utilisés pour soigner diverses affections et améliorer la santé en général.

Les civilisations anciennes utilisaient déjà les champignons à des fins médicinales. C'est le cas en Orient, notamment en Chine et en Inde, mais aussi en Occident, notamment en Amérique du Nord. Aujourd'hui, les mécanismes d'action de plusieurs espèces font l'objet de publications dans des revues scientifiques à comité de lecture, ce qui permet de mieux documenter leurs usages en complément de la médecine conventionnelle.

Quels sont les champignons les plus utilisés dans la mycothérapie ?

Plusieurs champignons sont couramment utilisés en mycothérapie en raison de leurs potentiels bienfaits pour la santé. En voici quelques-uns !

Le Cordyceps

Utilisé en complément alimentaire, les bienfaits du Cordyceps sont des alliés précieux pour l'énergie et l'endurance. Pris avant l'effort, le Cordyceps accélère la récupération musculaire : une étude clinique (Dewi et al., Food Function, 2024, étude sur sujets sains pratiquant un exercice standardisé) montre qu'il réduit l'inflammation post-exercice et stimule la régénération musculaire dès 3 heures après la séance. Il soutient également la production d'énergie cellulaire, avec un effet direct sur l'endurance.

La Crinière de lion ou Lion's Mane

L'Hericium erinaceus, ou Crinière de lion, Lion's Mane en anglais, se distingue par ses bienfaits sur les fonctions cognitives. En supplémentation, un extrait de qualité de Lion'Mane a de nombreux bienfaits soutient la mémoire et la concentration. Des études scientifiques suggèrent son rôle dans la régénération nerveuse, aidant l'organisme à lutter contre le brouillard cérébral et le déclin cognitif.

Le Reishi ou Ganoderma lucidum

Surnommé "champignon de l'immortalité", le Reishi ou Ganoderma lucidum est un pilier de la mycothérapie pour la gestion du stress et le sommeil. Reconnu pour ses propriétés antioxydantes et son profil adaptogène, il fait l'objet d'études portant notamment sur la régulation immunitaire et la protection cellulaire contre le stress oxydatif.

Le shiitake

Le shiitake est un champignon comestible originaire d'Asie de l'Est, et cultivé aujourd'hui dans le monde entier. Outre son utilisation culinaire, le shiitake est également reconnu pour ses propriétés médicinales et fait lui aussi partie de la médecine traditionnelle asiatique. Il contient plusieurs composés bioactifs, dont des polysaccharides, des bêta-glucanes, des stérols et des composés aromatiques. On lui attribue des propriétés immunostimulantes, antivirales, antifongiques et anti-inflammatoires.

Le Chaga

Surnommé le « diamant de la forêt », le Chaga est un antioxydant exceptionnel. Riche en bêta-glucanes et polyphénols, il contribuerait à renforcer les défenses immunitaires et à protéger les cellules contre le stress oxydatif. Ce champignon adaptogène soutiendrait également la digestion. Il apaiserait les inflammations du système gastro-intestinal, en complément d'une alimentation riche en aliments bénéfiques pour la flore intestinale.

Le Pleurote

Le Pleurote (Pleurotus ostreatus) est un allié précieux pour le métabolisme et la santé cardiovasculaire. Source naturelle de statines et de fibres, il aiderait à réguler le taux de cholestérol. Ses vertus anti-inflammatoires et sa richesse en vitamines B soutiennent également la vitalité et le confort articulaire.

Quelles sont les vertus médicinales de la mycothérapie ?

Les recherches menées à ce jour documentent plusieurs effets biologiques distincts :

  • une action sur le système immunitaire,
  • une réduction du stress oxydatif,
  • des propriétés anti-inflammatoires
  • et un soutien à l'adaptation de l'organisme face au stress.

Ces effets ne sont pas uniformes : ils dépendent de l'espèce choisie, de la forme sous laquelle elle est consommée et de la concentration en principes actifs. Sur les quelque 20 000 espèces de champignons répertoriées, une minorité fait l'objet d'études publiées chez l'humain. Le reishi, le shiitake, le maitake et le cordyceps concentrent aujourd'hui la majorité de ces données.

Le reishi, le maitake et le shiitake sont associés dans plusieurs études à une stimulation des défenses immunitaires, susceptible de soutenir la résistance aux infections et d'améliorer la vitalité générale.

Le cordyceps est quant à lui considéré comme un adaptogène idéal qui peut aider le corps à s'adapter au stress physique et émotionnel, tout comme les bienfaits de l'ashwagandha, autre adaptogène de référence.

Le maitake a également été étudié pour son potentiel à réduire les risques de maladies cardiovasculaires, à réduire le taux de cholestérol dans le sang et à influencer positivement le taux de glycémie.

D'autres espèces présentent des propriétés anti-inflammatoires et antioxydantes documentées, auxquelles sont attribuées des effets potentiels sur le microbiote intestinal et des propriétés antimicrobiennes, encore à confirmer à large échelle chez l'humain.

Effets secondaires possible d'une cure de champignon

La mycothérapie est généralement bien tolérée, mais peut entraîner des troubles digestifs légers ou des réactions allergiques. Par prudence, elle est déconseillée aux femmes enceintes, allaitantes et aux enfants. Des interactions sont possibles avec les traitements anticoagulants, antidiabétiques ou immunosuppresseurs. Respectez toujours la posologie indiquée et consultez un professionnel de santé avant de débuter une cure, surtout en cas de pathologie.

Comment entreprendre une mycothérapie ?

Les champignons médicinaux se consomment aujourd'hui sous de nombreuses formes, dont l'efficacité varie selon la galénique choisie et l'objectif recherché. Plus l'objectif est ciblé (cognition, immunité, récupération), plus il est utile de se tourner vers un extrait standardisé, dont la composition est traçable et les effets documentés par des études cliniques. Les formes alimentaires et infusions restent pertinentes dans une démarche globale de santé, en complément d'une alimentation variée et équilibrée.

Manger des champignons

La consommation de champignons frais, en cuisine (sautés, ragoûts, soupes), reste la forme la plus naturelle et la plus accessible. Elle apporte les fibres, les vitamines et une partie des bêta-glucanes, mais la concentration en principes actifs est faible et très variable selon la saison et l'espèce. Elle ne permet pas de contrôler la dose thérapeutique.

Poudre de champignon séché

La poudre de champignon séché, à ajouter à un smoothie, un café ou une boisson chaude, offre une concentration légèrement supérieure au frais, mais souffre du même problème de standardisation : sans extraction, une grande partie des composés actifs reste enfermée dans la paroi cellulaire en chitine, peu digestible par l'organisme humain. La biodisponibilité est donc limitée.

Infusion de champignons

Les infusions et décoctions de champignons séchés permettent une extraction aqueuse des polysaccharides hydrosolubles, notamment les bêta-glucanes. C'est une méthode traditionnelle efficace pour ces composés spécifiques, mais elle ne permet pas d'extraire les triterpènes, qui sont liposolubles et nécessitent un solvant alcoolique.

Les teintures de champignons

Les teintures (extraits alcooliques) comblent précisément cette lacune : elles captent les triterpènes et autres composés liposolubles. Certains producteurs proposent des extraits double extraction (eau + alcool), qui combinent les deux familles de molécules actives et représentent la forme artisanale la plus complète.

Les compléments alimentaires d'extrait standardisés de champignons

Les extraits standardisés en gélules ou capsules constituent la forme la plus rigoureuse sur le plan thérapeutique. Ils garantissent une concentration connue en bêta-glucanes et en triterpènes, une biodisponibilité optimisée, et une posologie reproductible d'un lot à l'autre. C'est la galénique privilégiée dans les études cliniques.

Chocolats aux champignons

Les chocolats, bonbons et autres formes gourmandes à base de champignons médicinaux existent et peuvent convenir à une démarche de bien-être général, mais la concentration en actifs y est généralement trop faible et trop peu standardisée pour envisager un effet thérapeutique documenté.

Limites

Pour terminer, il est important de préciser que la mycothérapie offre un éventail de possibilités pour soutenir la santé et le bien-être, tout en constituant une approche complémentaire à la médecine conventionnelle. Il est nécessaire d'en avoir une bonne connaissance pour l'intégrer à un mode de vie sain avec une alimentation équilibrée. 

Vos questions, nos réponses

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La phytothérapie utilise les principes actifs des plantes, racines, feuilles ou fleurs, sous forme de tisanes, gélules ou extraits. La mycothérapie se concentre exclusivement sur les champignons médicinaux et leurs composés spécifiques, notamment les bêta-glucanes et les polysaccharides, qui sont absents du règne végétal classique. Cette particularité biochimique explique pourquoi les deux approches ciblent des mécanismes d'action différents, même si elles partagent une logique complémentaire à la médecine conventionnelle. Les champignons les plus étudiés en mycothérapie, comme le reishi ou le cordyceps, n'ont pas d'équivalent fonctionnel direct parmi les plantes adaptogènes telles que la rhodiola ou l'ashwagandha.

Il n'existe pas de champignon universel : chaque espèce présente un profil d'action distinct. Le reishi est privilégié pour la gestion du stress, le soutien immunitaire et la qualité du sommeil. Le cordyceps est davantage orienté vers l'énergie, l'endurance et la récupération physique. Le Lion's Mane cible les fonctions cognitives, notamment la mémoire et la concentration. Le shiitake et le maitake sont reconnus pour leurs effets immunitaires et leur intérêt potentiel dans le cadre du métabolisme. Le choix dépend donc de l'objectif recherché, mais aussi de la qualité de l'extrait et de la forme galénique, qui conditionnent l'efficacité réelle de la cure.

Oui, certains champignons médicinaux présentent des interactions documentées avec des traitements conventionnels. Le reishi est le cas le mieux renseigné : ses propriétés peuvent potentialiser l'effet des anticoagulants et interférer avec les immunosuppresseurs. Des interactions sont également possibles avec les antidiabétiques, en raison de l'effet de certaines espèces sur la glycémie. En l'absence d'avis médical, une cure de champignons médicinaux est déconseillée chez les personnes sous traitement au long cours. La mycothérapie reste une approche complémentaire, non un substitut aux traitements prescrits.

Certains champignons médicinaux, notamment le reishi, le shiitake et le maitake, font l'objet de recherches en oncologie, principalement pour leur capacité à moduler la réponse immunitaire. Des études in vitro et sur modèles animaux ont mis en évidence des effets prometteurs, mais le niveau de preuve clinique chez l'humain reste à ce jour insuffisant pour conclure à une efficacité thérapeutique établie. La mycothérapie ne doit en aucun cas se substituer à un traitement oncologique conventionnel. Toute démarche complémentaire dans ce contexte doit être discutée avec l'équipe médicale en charge du suivi.

Sources et références

Travaux universitaires et thèses

  • Sosa D. (2023). L'intérêt de la mycothérapie dans la prise en charge du diabète de type 2. Thèse d'exercice en pharmacie, Université de Limoges. Consulter la thèse

Études scientifiques (PubMed / NCBI)



Relu et validé par Coraline Ulmer, Master en Nutrition Sciences (Université de Rennes), chargée de projet R&D chez Nutri&Co

Rédigé par l'équipe Nutri&Co

Notre équipe scientifique est composée de Diététicienne et Docteure en Sciences de la Nutrition, Ingénieur en Nutrition et Science des Aliments, Naturopathe.

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