L’adultère aussi en Nutra !

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Catégories : Nutrition
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Ce qu'il faut retenir :

  • L’adultération est une tromperie “vieille comme le monde” : elle consiste à ajouter un produit de moindre valeur à un autre produit, à des fins mercantiles.
  • Elle peut prendre différentes formes et touche particulièrement les matières végétales.
  • Heureusement elle peut-être limitée et contrôlée, notamment par une traçabilité rigoureuse.

Et oui, ne baissons pas les yeux, le mensonge est partout. Et derrière ce nom aux allures barbares, l’adultération (1), se cache un concept bien connu. Déjà Honoré de Balzac en 1842, parlait de « cette frelaterie des produits, cette adultération criminelle » qui « a gagné le commerce intérieur et le commerce des choses les plus nécessaires à la vie » (2). Plus proche de nous, le scandale de l’huile frelatée il y a 40 ans en Espagne, où l’huile de colza était ajoutée à de l’huile d’olive, étiquetée comme pure huile d’olive. Aux États-Unis, certains ont tenté de vendre de l’eau sucrée aromatisée pour du jus de pomme (3). En Chine, pour avoir de meilleures teneurs protéiques, des produits (blé et lait) sont enrichis en mélanine ; un enrichissement dont les consommateurs, que nous sommes, se passeraient bien. Que dire de la viande de cheval en guise de celle de bœuf, en 2013. Les exemples ne manquent pas et oui, il y a bien là tromperie. Et les compléments alimentaires n’y échappent pas.

Pourquoi tromper ?

Bien évidemment le nerf de la guerre c’est le prix. Il est donc assez aisé de comprendre qu’en ajoutant des ingrédients de moindre valeur marchande (et de moindre qualité, bien évidemment) à un produit, son coût total en sera réduit, tout en maintenant son prix de vente. Utiliser des procédés de fabrication non conformes, pour ne pas dire malhonnêtes, faisant appel à des solvants interdits, représente une autre facette de l’adultération. A l’instar de la zéaxanthine affichée comme telle sur la liste des ingrédients mais sous la forme de méso-zéaxanthine dans le flacon, forme non-autorisée qui pourrait entrainer des effets secondaires. Tromperie, mensonge… plus vicieux encore, celui de fidéliser le consommateur, pire de le rendre addict. Et oui, n’ayons pas peur des mots car il est bien question de drogue dans ce cas, quand certains laboratoires peu scrupuleux n’hésitent pas à ajouter le principe actif du Viagra® (citrate de sildénafil) dans des compléments alimentaires visant les troubles de l’érection. Vous l’aurez compris, l’appât du gain peut aller très loin.

Les végétaux en ligne de mire

Force est de constater que la demande croissante actuelle en certains extraits végétaux stimule les travers de certains acteurs du marché. Des chiffres : 80 % des huiles essentielles seraient adultérées (4). La science aussi, confirme la motivation de ce phénomène, avec plus de 60 000 articles publiés sur PubMed (5). En 2013, 44 compléments alimentaires, commercialisés en Amérique du Nord, gélules, poudres et comprimés, contenant des extraits végétaux ont été analysés (6) : pour 30 d’entre eux, il y a eu adultération, substitution d’un actif par un autre ! Précisément, plus de la moitié des produits ont une composition, en actifs végétaux, différente de celle mentionnée sur l’étiquette, et pour un tiers, ce sont des contaminants et/ou des agents de charge qui ont été omis sur cette même étiquette. Autre exemple, celui du curcuma, la poudre d’or de la Nutra.

Une équipe de chercheur de Stanford (7) s’est intéressée à la qualité du curcuma du Bangladesh (une des principales régions mondiales productrices) : presque 600 échantillons de poudre de curcuma, de poussières et de terres analysées. Résultat : 7/9 zones de culture sont contaminées au plomb et au chrome (teneurs pouvant atteindre quasiment 400 fois le seuil autorisé). Le curcuma issu de ces récoltes est donc adultéré au chromate de plomb, un neurotoxique, qui permet de donner une jolie couleur jaune à la poudre. Monnaie courante au sein de la filière (lucrative du curcuma). Pour preuve, questionnés sur le sujet les producteurs avouent la supercherie, en réponse à la demande des grossistes. Pourquoi : les consommateurs préférèrent une poudre éclatante de couleur !

Les gens honnêtes existent

Il s’agit là de rétablir la confiance, entre les consommateurs, la marque et ses partenaires (heureusement, pas tous corrompus). Et les clés pour garantir la bonne qualité globale d’un complément alimentaire existent. Tout d’abord, dans le sourcing des ingrédients. Vous l’aurez compris, attention au curcuma bangladais. Dans l’analyse, ensuite, qui est réalisée sur ces actifs : des tests adaptés pour une bonne identification botanique par exemple. Garantir un contrôle qualité rigoureux et expertisé est essentiel. La transparence donc, accompagnée d’une traçabilité totale sont indispensables pour écarter tout risque d’adultération.

Publications :

(1) Adultération vient du latin, adulteratus : modifier
(2) Honoré de Balzac, Portraits et critique littéraire : La Chine et les Chinois, IV, 1842
(3) James Traub, Into the Mouths of Babes, The New York Times, 24/07/1988
(4) Etude interne, Aromaressources, 2020
(5) Everstine, Spink and Kennedy, 2013
(6) S.G. Newmaster and coll. DNA barcoding detects contamination and substitution in North American herbal products. BMC Medecine, 2013
(7) J.E. Forsyth and coll. Turmeric means “yellow” in Bengali_lead chromate pigments added to turmeric threaten public health across Bangladesh. Environmental Research, 2019

Photographie : Henry Dick

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