Curcuma : la plante de tous les dangers ?

Curcuma : la plante de tous les dangers ?

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Catégories : Science
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Ce qu'il faut retenir :

  • Plusieurs scandales ont terni l’image du curcuma et entraîné une exagération de ses risques tout en minimisant son utilité.
  • Seuls 4 principes de précaution s’appliquent en cas de maladie hépatique, de prise d'anticoagulants, de grossesse ou de prise d’anti-inflammatoires.
  • Pour maximiser votre sécurité, ne dépassez pas 1500 mg d’extrait à 95% de curcumine ou optez pour des curcumines stabilisées à l’origine connue.

Les vrais dangers du curcuma

"Les 5 dangers du curcuma", "Curcuma : bon au goût, mais inutile pour la santé", "Curcumine et toxicité, attention danger ?"...  Depuis un an, le nombre d’articles critiques à l’égard de la fameuse épice connaît une augmentation spectaculaire. Au même titre qu’on lui prêtait des vertus exagérées, cette pauvre plante se voit aujourd'hui attribuer tous les dangers. Alors, plante toxique ou pas ? Entre vraies et fausses affirmations il fallait faire le ménage...

Des scandales aux dangers il n’y a qu’un pas…

C’est parti, on met les pieds dans le plat : juin 2019, l’Italie retire de la vente plusieurs formules à base de curcuma (1). En cause ? 27 cas d’atteintes hépatiques apparemment liés à la consommation de gélules de curcuma. Difficile de faire une publicité plus délétère…

Second scandale à entacher la réputation de l’épice : l’affaire du Professeur Bharat Aggarwal d’avril 2018. Ce docteur en chimie médicinale de l'université du Texas a reconnu avoir truqué certaines études scientifiques afin de promouvoir d’hypothétiques effets anti-cancer du curcuma (2)… Là c’est certain, ça fait mal !

Troisième scandale, et sans doute le plus important : en 2017 une analyses des données (3) menée sur la curcumine (principe actif du curcuma) a démontré son profil hautement instable. Ça veut dire quoi ? Si on doit résumer très grossièrement, les résultats d’études in vitro (dans des éprouvettes) ont une probabilité anormalement réduite de se retrouver en in vivo (c’est à dire chez les humains).

Bref, prenez trois scandales, remuez et vous obtenez des avertissement de dangers dans tous les sens. Si certains sont vrais, beaucoup sont rédigés dans l’optique de capter votre attention lors de recherches Google, mais ne reposent sur aucun fondement.

L'unique danger du curcuma

Révélé avec l’affaire italienne, le seul point de vigilance reste la question du risque hépatique. Les causes n’ont jamais été clairement identifiées, mais des spécialistes avancent deux pistes :

  • Le magazine Prescrire (4) déclare que certains lots de curcuma longa aux provenances douteuses sont coupés avec du Curcuma Zedoaria, un autre gingibéracé reconnu pour sa toxicité. La transparence des marques serait alors le meilleur gage de sécurité.
  • Il pourrait également s’agir d’une question de surdosage. Vous le savez (autrement par ici), la curcumine s'absorbe très mal. Pour compenser, certaines formules proposent des extraits concentrés à 95% en curcumine et couplée à des cofacteurs pour en booster l’assimilation (pipérine, gingembre, etc.). Seul problème, si plus de curcumine passe la barrière intestinale, son instabilité demeure et amène l’organisme à absorber également des fragments dont les effets ne sont pas connus… À l’avenir, les instances devraient se baser sur les données toxicologiques publiées et limiter la dose à 1 500 mg de curcuma 95%, soit 1 425 mg de curcumine/j. Vous pouvez aussi choisir une curcumine stabilisée et donc plus sécurisée dont nous présentons les différents brevets dans notre infographie.

Pour ce qui est des autres dangers réels du curcuma nous n’en avons pas trouvé. Méfiez-vous des affirmations sans fondement que l’on peut trouver sur le web comme le fait que la curcumine diminuerait la réponse immunitaire face au COVID-19. C’est l’ANSES (5) qui après avoir lancé une alerte sur les médicaments anti-inflammatoires a suscité l’interrogation sur l’ensemble des plantes et aliments aux propriétés anti-inflammatoires. Les détracteurs de curcuma se sont alors engouffrés dans la brèche, mais les études in vitro sur lesquelles ils s’appuient sont du même niveau que celles ayant démontré un effet positif sur certains lymphocytes (6)…

Contre-indications et effets indésirables

En plus du danger hépatique, nous pouvons citer plusieurs principes de précaution qui viennent compléter la liste des contre-indications du curcuma :

  • En raison de l’affaire italienne nous conseillons aux personnes souffrant de maladie du foie ou de calculs biliaires de s’abstenir,
  • L’EFSA déconseille aux femmes enceintes de prendre des formules de curcuma concentrée en curcumine (7).
  • Les personnes sous anticoagulants doivent demander conseil à leur médecin (8) comme c’est le cas pour de nombreuses plantes d’ailleurs. Evitez d’en consommer la veille d’une opération.
  • Il est aussi recommandé de prendre l’avis d’un médecin en cas de traitement aux anti-inflammatoires.

Enfin, si les effets indésirables du curcuma restent rares, certaines observations ont été relevées lors de dosage important en curcumine brute (non stabilisée) ou d'allergie avec notamment des cas de sécheresse de la bouche et de nausées.

Notre conclusion

Si les "curcuma gates" successifs ont fait naître une méfiance sans doute exagérée, ils auront au moins permis de dissiper certaines idées reçues. Non, le Curcuma ne protège pas du cancer, ni de la maladie d’Alzheimer et encore moins du diabète ou du cholestérol. Mais en est-il devenu pour autant une plante dangereuse dénuée de tout intérêt ?

Chez Nutri&Co, nous sommes convaincus des effets d’une curcumine stabilisée au dosage maîtrisé et au sourcing propre. Et pour les sceptiques, rendez-vous sur le site examine.com qui présente la synthèse des travaux scientifiques menés sur la molécule. Sans surprise, deux axes santé se dégagent : sphères antioxydante et articulaire, et pas qu’en in-vitro !

Publications

1. "Curcuma, salgono a 19 i casi di epatite acuta causati dagli integratori" Il Messaggero. 10 juin 2019.
https://www.ilmessaggero.it/salute/alimentazione/curcuma_integratori_epatite_news-4548407.html
2. "Caught Our Notice: Researcher who once threatened to sue Retraction Watch now up to 19 retractions". Retraction Watch. 10 avril 2018.
https://retractionwatch.com/2018/04/10/caught-our-notice-researcher-who-once-threatened-to-sue-retraction-watch-now-up-to-19-retractions/#more-63985
3. Nelson, K.M.; Dahlin, J.L.; Bisson, J.; Graham, J.; Pauli, G.F.; Walters, M.A. The Essential Medicinal Chemistry of Curcumin: Miniperspective. J. Med. Chem. 2017, 60, 1620–1637, doi:10.1021/acs.jmedchem.6b00975
https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC5346970/
4. "Les compléments alimentaires, consommateurs mal protégés", 1er février 2020, Prescrire.
https://www.prescrire.org/Fr/3/31/58327/0/NewsDetails.aspx
5. "L’ANSES met en garde contre la consommation de compléments alimentaires pouvant perturber la réponse immunitaire", site de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail, 17 avril 2020.
https://www.anses.fr/fr/content/l%E2%80%99anses-met-en-garde-contre-la-consommation-de-compl%C3%A9ments-alimentaires-pouvant-perturber-la
6. Gao, X.; Kuo, J.; Jiang, H.; Deeb, D.; Liu, Y.; Divine, G.; Chapman, R.A.; Dulchavsky, S.A.; Gautam, S.C. Immunomodulatory activity of curcumin: suppression of lymphocyte proliferation, development of cell-mediated cytotoxicity, and cytokine production in vitro. Biochem. Pharmacol. 2004, 68, 51–61, doi:10.1016/j.bcp.2004.03.015.
https://www.researchgate.net/publication/8524096_Immunomodulatory_activity_of_curcumin_Suppression_of_lymphocyte_proliferation_development_of_cell-mediated_cytotoxicity_and_cytokine_production_in_vitro
7. Soleimani, V.; Sahebkar, A.; Hosseinzadeh, H. Turmeric (Curcuma longa) and its major constituent (curcumin) as nontoxic and safe substances: Review. Phytother. Res. 2018, 32, 985–995, doi:10.1002/ptr.6054.
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/29480523/
8. Bahramsoltani, R.; Rahimi, R.; Farzaei, M.H. Pharmacokinetic interactions of curcuminoids with conventional drugs: A review. J. Ethnopharmacol. 2017, 209, 1–12, doi:10.1016/j.jep.2017.07.022.
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/28734960/

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