Champignon reishi : bienfaits, effets secondaires

Ce qu'il faut retenir :
- Immunité : un extrait spécifique de reishi (200 mg par jour) a fait évoluer plusieurs marqueurs immunitaires dans un essai randomisé de 12 semaines, sans mesure des infections.
- Stress et fatigue : quelques résultats préliminaires existent, avec des formes et des doses très différentes d’une étude à l’autre.
- Sommeil, cœur et cholestérol : les essais disponibles ne permettent pas de retenir un bénéfice clinique solide.
- Effets secondaires : le reishi est généralement bien toléré à court terme, mais il peut interagir avec les anticoagulants, les antihypertenseurs et les antidiabétiques. De rares atteintes du foie ont été décrites.
- Qualité : regardez d’abord la partie du champignon utilisée, le dosage réel des bêta-glucanes, le procédé d’extraction et les contrôles analytiques.
Le reishi porte l’un des surnoms les plus flatteurs de la pharmacopée asiatique : le « champignon de l’immortalité ». Mais une réputation millénaire ne vaut pas un niveau de preuve. Parmi les bienfaits du reishi, un signal clinique se dégage sur certains marqueurs du système immunitaire, sans démonstration d’une diminution des infections. Pour le stress, le sommeil, le cholestérol ou la tension artérielle, les données humaines sont nettement moins solides. Voici ce que disent réellement les études, ainsi que les effets secondaires, les contre-indications et les bons critères pour choisir un complément de reishi.
Qu’est-ce que le reishi (Ganoderma lucidum) ?
Le reishi, ou Ganoderma lucidum, est un champignon médicinal ligneux reconnaissable à son chapeau rouge-brun à l’aspect verni. À l’état sauvage, il pousse sur le bois de feuillus affaiblis ou morts ; celui des compléments alimentaires est aujourd’hui issu de culture. Il est appelé lingzhi en Chine, tandis que « reishi » est sa dénomination japonaise.
Son usage est documenté depuis plus de 2 000 ans dans la médecine traditionnelle chinoise et, plus largement, en Extrême-Orient, où il était associé à la vitalité et à la longévité.[1] Il est aujourd’hui souvent présenté comme un champignon adaptogène, aux côtés de plantes adaptogènes comme l’ashwagandha.
Voilà pour l’histoire. Elle explique son surnom de « champignon de l’immortalité », mais elle ne prouve pas ses bienfaits chez l’être humain.
Fructification, mycélium, spores : de quoi parle-t-on ?
Comme les autres champignons utilisés en mycothérapie, le reishi peut être proposé sous différentes formes :
- la fructification, aussi appelée sporophore, qui correspond à la partie visible du champignon ;
- le mycélium, son réseau de filaments ;
- les spores produites par la fructification.
Ces parties n’ont ni la même composition ni les mêmes procédés de transformation. Une étude menée avec une huile de spores, par exemple, ne permet pas de prédire l’effet d’un extrait de fructification.
Le mycélium de Ganoderma lucidum
Dans l’Union européenne, le mycélium de Ganoderma lucidum séché en poudre est considéré comme un nouvel aliment (Novel Food), faute d’historique de consommation significative avant le 15 mai 1997. Il n’est pas autorisé à ce jour comme ingrédient alimentaire.[14] La fructification, elle, était consommée avant cette date.
Quels sont les principaux actifs du reishi ?
Les propriétés attribuées au reishi reposent surtout sur deux familles de composés actifs :
- les bêta-glucanes, des polysaccharides qui font partie de la paroi du champignon ;
- les triterpènes, parmi lesquels figurent différents acides ganodériques.
Le reishi contient aussi des stérols comme l’ergostérol, aussi appelé provitamine D2.[1]
Les bêta-glucanes fongiques présentent généralement une chaîne principale en β-(1→3), complétée par des ramifications en β-(1→6). Leur structure, leur masse moléculaire et leur solubilité varient selon l’espèce et la méthode d’extraction.[1,2]
Ce détail chimique a une conséquence très concrète : deux extraits affichant la même quantité de « polysaccharides » ne contiennent pas nécessairement la même teneur en bêta-glucanes, ni les mêmes molécules.
Autre nuance essentielle, la présence d’un actif ne suffit pas à démontrer le bénéfice d’un complément. Les mécanismes observés en laboratoire doivent encore être confirmés chez l’être humain, avec un extrait, une dose et un critère d’évaluation bien définis.
Quels bienfaits du reishi sont réellement documentés ?
Chez l'humain, les études cliniques sur les bienfaits du Reishi observent des variations notables sur certains marqueurs immunitaires. Des signaux apparaissent aussi sur le stress, la fatigue et les symptômes urinaires masculins, mais ils restent préliminaires. Le sommeil, en revanche, ne profite d'aucun bénéfice probant dans les études actuelles. Et sur la santé cardiométabolique, ces mêmes études ne montre aucun impact significatif.
| Domaine étudié | Ce que montrent les données humaines | Ce que l’on peut en conclure |
|---|---|---|
| Marqueurs immunitaires | Un essai avec un extrait spécifique rapporte des variations de lymphocytes, d’IgA et d’activité des cellules NK[2] | Signal clinique intéressant, sans preuve d’une réduction des infections |
| Stress et fatigue | Deux essais rapportent des améliorations subjectives[3,4] | Résultats préliminaires, difficilement généralisables |
| Sommeil | Pas d’essai humain randomisé direct identifié | Bénéfice non démontré |
| Métabolisme et cœur | Une méta-analyse de 17 essais ne trouve pas d’effet sur les lipides, la glycémie ou la pression artérielle[5] | Bénéfice cardiométabolique non établi |
| Symptômes urinaires masculins | Un essai rapporte une baisse modeste d’un score symptomatique[7] | Résultat propre à un extrait particulier, sans amélioration des mesures objectives |
Reishi et système immunitaire : que montrent les études ?
C’est le dossier le mieux étayé. Dans des modèles expérimentaux, les bêta-glucanes interagissent avec des récepteurs présents sur certaines cellules du système immunitaire. Les chercheurs se sont donc intéressés à leur effet sur les macrophages, les lymphocytes et les cellules NK, ou natural killer, qui participent à la surveillance immunitaire.[1,2]
L’essai de Chen (2023) avec l’extrait Immulink MBG®
En 2023, Chen et ses collaborateurs ont publié un essai randomisé en double aveugle chez des adultes en bonne santé âgés de 18 à 55 ans.[2] Pendant 12 semaines, les participants recevaient chaque jour :
- 200 mg d’un extrait de reishi Immulink MBG®, mesuré à 75,2 % de bêta-glucanes ;
- ou 200 mg de dextrose comme placebo.
Au total, 157 participants ont été randomisés et 135 ayant terminé l’étude ont été inclus dans l’analyse finale. Après 12 semaines, plusieurs différences sont apparues entre les groupes :
- nombre de cellules NK : +19,5 % par rapport à la valeur initiale dans le groupe supplémenté, contre −2,0 % sous placebo ;
- activité cytotoxique des cellules NK : +83,1 %, contre −4,5 % sous placebo ;
- immunoglobulines A (IgA) sériques : +10,0 %, contre +2,1 % sous placebo ;
- lymphocytes T : hausse des populations CD3+, CD4+ et CD8+ dans le groupe supplémenté.
Ces pourcentages décrivent l’évolution de chaque groupe par rapport à son point de départ. Les 19,5 % ne représentent donc pas un écart direct de 19,5 points entre les deux groupes.
Moins d’infections ? L’étude ne permet pas de répondre
Reste la question décisive : les participants ont-ils été moins malades ? L’étude n’a mesuré ni le nombre de rhumes, ni la durée des infections, ni les jours de maladie, ni le recours aux soins.
À retenir
Cet essai montre qu’un extrait précis de reishi a modifié plusieurs marqueurs immunitaires. Il ne prouve ni une diminution des infections ni une « immunité renforcée » au sens clinique.
Trois limites complètent la lecture : il s’agit d’un essai unique, de nombreux paramètres ont été testés et le produit étudié a été fourni par son fabricant. Une confirmation par des équipes indépendantes serait utile. Quant aux effets antiviraux parfois évoqués, ils n’ont été observés qu’en laboratoire.
Le reishi réduit-il le stress et la fatigue ?
Un signal existe. Il reste préliminaire.
En 2024, un essai a réparti 78 étudiantes sédentaires entre un placebo, 500 mg ou 1 000 mg de reishi par jour pendant 30 jours.[3] À la dose de 1 000 mg, les auteurs ont rapporté une amélioration de questionnaires portant sur l’anxiété, la vitalité et le bien-être.
L’étude ne comptait toutefois que 26 participantes par groupe. Sa population était très spécifique, ses critères principaux étaient surtout physiques et plusieurs paramètres psychologiques ont été analysés. L’extrait utilisé n’est pas non plus directement comparable à tous les compléments de reishi.
Un autre essai, publié en 2005, portait sur 132 personnes présentant un diagnostic de « neurasthénie » et recevant 5,4 g par jour d’un extrait appelé Ganopoly pendant huit semaines.[4] La fatigue et le bien-être se sont améliorés, mais la dose, l’extrait et la population étudiée diffèrent fortement de ceux d’un complément moderne destiné à la population générale.
Le terme « champignon adaptogène », qui désigne une substance censée aider l’organisme à s’adapter au stress, décrit donc l’usage traditionnel du reishi. Il ne prouve pas que le champignon agit sur le système nerveux ou régule les hormones du stress chez l’être humain, ni qu’il est efficace chez toutes les personnes confrontées à un stress chronique.
Le reishi améliore-t-il le sommeil ?
Réponse courte : ce n’est pas démontré.
Les arguments en faveur du reishi pour le sommeil reposent principalement sur des modèles animaux ou des mécanismes supposés, notamment une action calmante attribuée aux triterpènes. Quant aux essais menés chez l’être humain sur le stress et la fatigue, ils n’ont pas évalué de manière convaincante l’endormissement, la durée du sommeil ou sa qualité objective.
Les données actuelles ne permettent donc pas d’affirmer que le reishi facilite l’endormissement ou procure un sommeil plus réparateur. Elles ne justifient pas non plus de conseiller systématiquement une prise le soir.
Quels sont les effets du reishi sur le cholestérol et la tension artérielle ?
Ici, le poids global des preuves est peu favorable à un effet du reishi sur la santé cardiovasculaire.
La méta-analyse publiée par Jafari et ses collaborateurs en 2025 a regroupé 17 essais cliniques et 971 participants, avec des doses allant de 200 mg à 11,2 g par jour pendant 1 à 24 semaines.[5] Les produits et les populations étaient très hétérogènes. Aucun effet significatif n’a été trouvé sur :
- le profil lipidique, dont le taux de cholestérol ;
- la glycémie à jeun ;
- la pression artérielle ;
- le tour de taille et la masse grasse ;
- les marqueurs inflammatoires ;
- les enzymes hépatiques.
De petites variations ont été observées sur quelques paramètres, dont l’indice de masse corporelle et la fréquence cardiaque, mais la certitude des preuves a été classée comme très faible pour l’ensemble des critères.
L’essai de Klupp, publié en 2016, va dans le même sens.[6] Les 84 participants, qui présentaient un diabète de type 2 et un syndrome métabolique, ont été répartis entre trois groupes : 3 g de reishi par jour, la même dose associée à du Cordyceps sinensis, ou un placebo. Les auteurs ont regroupé les deux groupes actifs pour l’analyse. Après 16 semaines, aucune amélioration n’a été observée sur l’HbA1c, la glycémie à jeun ou les autres facteurs de risque cardiovasculaire évalués.
À ce stade, le reishi ne peut donc pas être présenté comme un moyen démontré de diminuer le cholestérol, la glycémie ou la tension artérielle, ni d’améliorer la circulation sanguine. En cas d’hypertension traitée, c’est plutôt le risque d’interaction qui doit retenir l’attention (voir plus bas).
D’autres bienfaits du reishi ont-ils été étudiés ?
Un essai de 2008 a évalué un extrait éthanolique de reishi chez 88 hommes de plus de 49 ans présentant des symptômes urinaires légers à modérés.[7] Après 12 semaines, le score international des symptômes prostatiques avait diminué modestement. En revanche, le débit urinaire, le volume de la prostate et le PSA n’avaient pas changé.
Ce résultat concerne un extrait éthanolique pris à la dose de 6 mg par jour. Il ne peut pas être transposé à une poudre, à des spores ou à un extrait riche en bêta-glucanes.
Pour le foie, le cerveau et les fonctions cognitives, les intestins, la peau ou les cheveux, les données sont principalement précliniques. L’activité antioxydante du reishi, souvent citée pour limiter le stress oxydatif, lutter contre les radicaux libres et le vieillissement cellulaire, a elle aussi été mesurée surtout en laboratoire. Ces résultats ne suffisent pas à retenir un bénéfice clinique chez l’être humain.
Reishi en poudre, en gélules ou en extrait : quelle forme choisir ?
Tous les compléments portant le nom « reishi » ne se ressemblent pas. Au-delà du nombre de milligrammes affiché, il faut savoir quelle partie du champignon vous prenez et quels composés ont réellement été mesurés.
- La poudre de reishi correspond au champignon séché et broyé, sans extraction. Son goût est amer, sa teneur en actifs rarement mesurée, et une prise de poudre de reishi pendant plus d’un mois pourrait endommager le foie selon les Manuels MSD.[13]
- L’extrait de reishi concentre certains composés grâce à un solvant (eau chaude, éthanol ou les deux). C’est la forme utilisée dans la plupart des essais cliniques.
- Les gélules de reishi sont un format : elles peuvent contenir de la poudre comme un extrait titré. Seule l’étiquette permet de faire la différence.
Vérifier la partie du champignon utilisée
L’étiquette doit préciser si le produit utilise la fructification, le mycélium, les spores ou un mélange. Sans cette information, impossible de comparer sérieusement le complément avec les extraits employés dans les études.
Distinguer polysaccharides et bêta-glucanes
Le terme « polysaccharides » regroupe plusieurs familles de glucides. Ce chiffre peut inclure des bêta-glucanes, mais aussi de l’amidon ou d’autres composés moins spécifiques.
Une étude analytique menée sur 19 lots de compléments de reishi vendus aux États-Unis a constaté que seuls cinq correspondaient correctement aux informations de leur étiquette.[8] Des polysaccharides de type amidon ont été retrouvés dans 68 % des produits, et seuls 8 lots sur 19 contenaient les triterpènes caractéristiques du reishi.
Erreur fréquente
Un extrait titré à 70 % de polysaccharides n’apporte pas nécessairement 70 % de bêta-glucanes. Pour comparer deux produits, recherchez un dosage spécifique des bêta-glucanes et la méthode analytique employée.
Examiner le procédé d’extraction
L’eau chaude favorise l’extraction de certains polysaccharides solubles. L’éthanol cible davantage les triterpènes lipophiles. Une extraction séquentielle ou combinée peut récupérer plusieurs fractions.
Il serait donc trop simple de désigner un procédé comme systématiquement « bon » et les autres comme mauvais. Tout dépend des composés recherchés, puis de la capacité du fabricant à mesurer et à standardiser l’extrait obtenu.
Rechercher une vraie traçabilité
On trouve du reishi en pharmacie, en magasin bio et en ligne. Quel que soit le circuit, un complément de qualité doit idéalement documenter :
- l’espèce et la partie utilisées ;
- la teneur en bêta-glucanes ;
- la méthode d’analyse ;
- l’origine de la matière première ;
- les contrôles microbiologiques, les métaux lourds et les contaminants ;
- la régularité entre les lots.
À extrait et dose identiques, rien n’indique que les bienfaits d’un reishi bio diffèrent de ceux d’un reishi conventionnel. La certification biologique apporte un cadre supplémentaire sur la production, mais elle ne remplace pas ces analyses.
L'extrait breveté Immulink MBG® : le choix Nutri&Co
Le Reishi bio Nutri&Co utilise Immulink MBG®, un extrait obtenu exclusivement à partir de la fructification, sans mycélium. Chaque gélule apporte 200 mg d’extrait, dont 180 mg de polysaccharides et 140 mg de bêta-glucanes, soit un titrage garanti à 70 % minimum.
Une gélule apporte ainsi la même masse d’extrait que la dose quotidienne utilisée dans l’essai de Chen, l’étude clinique menée spécifiquement sur cet ingrédient, qui a montré une évolution de plusieurs marqueurs immunitaires.
Immunité Métabolisme
Quelle posologie de reishi et quand le prendre ?
Il n’existe pas de posologie universelle du reishi.
Les études ont utilisé des poudres, des extraits aqueux, des extraits éthanoliques, des huiles de spores ou des fractions de bêta-glucanes, à des doses allant de quelques milligrammes à plus de 10 g par jour. Les rassembler dans une large fourchette de dosage donnerait un repère trompeur.
Pour un complément alimentaire, suivez les conditions d’utilisation de la formule et ne dépassez pas la dose journalière indiquée. Sur le produit Nutri&Co, l’utilisation recommandée est de une à trois gélules par jour, au cours d’un repas. L’essai Immulink de 2023 a évalué 200 mg par jour pendant 12 semaines, soit la masse d’extrait contenue dans une gélule. Il ne démontre pas qu’une dose de trois gélules serait plus efficace.
Si vous prenez du reishi pour la première fois, commencez par la dose la plus faible : cela permet de vérifier votre tolérance digestive.
Quand consommer du reishi ?
Aucun essai comparatif ne montre qu’une prise de reishi le matin serait meilleure pour les défenses naturelles, ni qu’une prise le soir favoriserait le sommeil. En pratique, choisissez un horaire compatible avec une prise régulière, de préférence pendant un repas pour limiter l’inconfort digestif.
Quels sont les effets secondaires et les contre-indications du reishi ?
Dans les essais de courte durée, le reishi paraît généralement bien toléré : les effets indésirables rapportés dans les essais randomisés sont surtout digestifs et ne diffèrent pas nettement du placebo.[2,9] Cette bonne tolérance ne dispense pas de précautions, en particulier en cas de traitement médicamenteux.
Effets secondaires du reishi
Les effets indésirables du reishi décrits sont les suivants :[9,13]
- nausées, diarrhée, constipation ou troubles gastriques ;
- sécheresse buccale ;
- démangeaisons ou éruptions cutanées ;
- maux de tête et vertiges ;
- saignements de nez ;
- troubles du sommeil chez certaines personnes.
De rares atteintes hépatiques ont également été publiées. Le dossier LiverTox du National Institute of Diabetes and Digestive and Kidney Diseases considère le reishi comme une cause possible, mais rare, de lésion du foie.[10] Une revue de la littérature sur la sécurité du reishi a recensé, parmi les cas cliniques publiés, des atteintes du foie et quelques anomalies sanguines.[9] Les produits concernés étaient variables et le lien de causalité restait parfois incertain. Rien ne permet d’affirmer que ce risque concerne uniquement la poudre brute, ni de l’exclure en cas d’utilisation à long terme.
Interactions médicamenteuses
Le reishi pourrait interagir avec plusieurs traitements :[11,13]
- anticoagulants et antiagrégants plaquettaires (warfarine, héparine, clopidogrel, anti-inflammatoires comme l’ibuprofène) : risque accru de saignement ou d’hématome ;
- antihypertenseurs : chez une personne traitée pour une hypertension, risque de baisse excessive de la tension artérielle ;
- antidiabétiques : interaction possible sur la glycémie ;
- immunosuppresseurs : action potentiellement opposée ;
- certaines chimiothérapies : efficacité possiblement modifiée.
Le reishi peut aussi fausser le dosage de certains examens biologiques, comme le marqueur tumoral CA72-4 ou les tests de coagulation. Signalez-le avant toute prise de sang.[11,13]
Contre-indications
Le reishi est déconseillé :[13]
- aux femmes enceintes ou allaitantes, faute de données suffisantes ;
- aux personnes souffrant d’hypotension ou de troubles de la coagulation ;
- avant une intervention chirurgicale : interrompez la prise et signalez-la à l’équipe médicale ;
- par précaution, aux enfants et aux adolescents.
Prudence
Demandez un avis médical avant de prendre du reishi si vous suivez un traitement régulier ou si vous avez une maladie chronique. Interrompez la prise et consultez rapidement en cas de jaunisse, d’urines foncées, de douleur abdominale persistante ou de fatigue inhabituelle.
Bienfaits du reishi : l’avis Nutri&Co
Le reishi devient plus intéressant dès qu’on cesse de lui attribuer toutes les vertus. Son dossier clinique le plus concret reste très précis : un extrait spécifique, 200 mg par jour pendant 12 semaines et des effets mesurés sur des marqueurs immunitaires, sans critère clinique portant sur les infections.
Pour le reste, les promesses vont souvent plus vite que les données. Le stress et la fatigue reposent sur des résultats préliminaires ; le sommeil, le cholestérol et la santé cardiovasculaire ne disposent pas aujourd’hui de preuves suffisantes pour conclure à une efficacité.
Si vous choisissez un complément, appuyez-vous donc sur des critères vérifiables : la partie du champignon, le titrage spécifique en bêta-glucanes, la méthode d’analyse, la traçabilité et les éventuelles études cliniques spécifiques. C’est le parti pris Nutri&Co : préférer un extrait précisément documenté et des bénéfices formulés avec mesure à une promesse spectaculaire impossible à rattacher à un produit réellement étudié.
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C’est son surnom traditionnel en Chine, où il était réservé à une élite et associé à la longévité. Aucune étude ne montre en revanche que le reishi allonge l’espérance de vie chez l’être humain.
Des effets sur certaines voies de l’inflammation ont été observés en laboratoire et chez l’animal. Chez l’être humain, la méta-analyse de 2025 ne retrouve pas d’effet sur les marqueurs inflammatoires.[5] Le reishi ne doit pas remplacer un diagnostic ou un traitement.
Aucune preuve directe solide ne montre une amélioration des fonctions cognitives, de la mémoire ou de la clarté mentale. Les effets neuroprotecteurs évoqués reposent sur des études cellulaires ou animales.
Les résultats expérimentaux sur le foie, le microbiote et la barrière intestinale sont intéressants, mais ils ne suffisent pas à établir un bénéfice clinique. Le reishi ne peut pas être présenté comme un produit qui « nettoie » le foie, régénère les cellules hépatiques ou traite une maladie inflammatoire intestinale. À l’inverse, de rares atteintes du foie ont été rapportées.[10]
Les effets du reishi sur la peau et les cheveux reposent sur des mécanismes antioxydants observés sur des cellules. Aucune étude humaine ne montre d’effet visible sur la pousse des cheveux ou l’aspect de la peau.
Ces champignons (shiitake, maitake, lion’s mane ou Hericium erinaceus, cordyceps) sont souvent associés dans les compléments de mycothérapie. Aucune étude ne démontre toutefois un effet de synergie. Dans l’essai de Klupp, l’association du reishi au cordyceps n’a pas donné de meilleurs résultats que le placebo.[6] Chaque champignon doit être évalué sur ses propres études.
Sources de référence
Les données présentées dans cet article s'appuient sur des études scientifiques récentes et des sources médicales de référence :
- Ahmad R, Riaz M, Khan A, et al. Ganoderma lucidum (Reishi), an edible mushroom: a comprehensive and critical review of its nutritional, cosmeceutical, mycochemical, pharmacological, clinical, and toxicological properties. Phytother Res. 2021;35(11):6030-6062. doi:10.1002/ptr.7215.
- Chen SN, Nan FH, Liu MW, Yang MF, Chang YC, Chen S. Evaluation of immune modulation by β-1,3;1,6 D-glucan derived from Ganoderma lucidum in healthy adult volunteers: a randomized controlled trial. Foods. 2023;12(3):659. doi:10.3390/foods12030659.
- Mitra S, Mitra M, Nandi DK, Saha M, Bandyopadhyay A. Efficacy of Lingzhi or Reishi medicinal mushroom Ganoderma lucidum supplementation on psychological stress and selective fitness profile parameters in female college students in West Bengal, India. Int J Med Mushrooms. 2024;26(11):51-64. doi:10.1615/IntJMedMushrooms.2024055300.
- Tang W, Gao Y, Chen G, et al. A randomized, double-blind and placebo-controlled study of a Ganoderma lucidum polysaccharide extract in neurasthenia. J Med Food. 2005;8(1):53-58. doi:10.1089/jmf.2005.8.53.
- Jafari A, Mardani H, Mirzaei Fashtali Z, Arghavan B. The nutritional significance of Ganoderma lucidum on human health: a GRADE-assessed systematic review and meta-analysis of clinical trials. Food Sci Nutr. 2025;13(6):e70423. doi:10.1002/fsn3.70423.
- Klupp NL, Kiat H, Bensoussan A, Steiner GZ, Chang DH. A double-blind, randomised, placebo-controlled trial of Ganoderma lucidum for the treatment of cardiovascular risk factors of metabolic syndrome. Sci Rep. 2016;6:29540. doi:10.1038/srep29540.
- Noguchi M, Kakuma T, Tomiyasu K, et al. Randomized clinical trial of an ethanol extract of Ganoderma lucidum in men with lower urinary tract symptoms. Asian J Androl. 2008;10(5):777-785. doi:10.1111/j.1745-7262.2008.00361.x.
- Wu DT, Deng Y, Chen LX, Zhao J, Bzhelyansky A, Li SP. Evaluation on quality consistency of Ganoderma lucidum dietary supplements collected in the United States. Sci Rep. 2017;7:7792. doi:10.1038/s41598-017-06336-3.
- Lee S, Yoon H, Kim H, et al. A scoping review on the safety of Yeongji (Ganoderma lucidum). J Intern Korean Med. 2024;45(4):710-725. doi:10.22246/jikm.2024.45.4.710.
- National Institute of Diabetes and Digestive and Kidney Diseases. Lingzhi, Reishi. LiverTox: Clinical and Research Information on Drug-Induced Liver Injury. Updated October 5, 2024. NCBI Bookshelf.
- Memorial Sloan Kettering Cancer Center. Reishi mushroom. About Herbs, Botanicals & Other Products. Accessed August 17, 2026. Reishi mushroom.
- Jin X, Ruiz Beguerie J, Sze DM, Chan GCF. Ganoderma lucidum (Reishi mushroom) for cancer treatment. Cochrane Database Syst Rev. 2016;4:CD007731. doi:10.1002/14651858.CD007731.pub3.
- Manuels MSD pour le grand public. Reishi. Compléments alimentaires et vitamines. Révisé en juillet 2025.
- Commission européenne. Consultation sur le statut de nouvel aliment : Ganoderma lucidum (mycélium séché en poudre). Demande de l’AESAN, 2019. Catalogue Novel Food.
Rédigé par Benjamin Dariouch,
Benjamin Dariouch est Responsable valorisation scientifique & Expert nutraceutique chez Nutri&Co. Auteur de "L'Anti-inflammatoire décodé" (Eyrolles)
Relu et validé par Coraline Ulmer, Master en Nutrition Sciences (Université de Rennes), chargée de projet R&D chez Nutri&Co
Notre équipe scientifique est composée de Diététicienne et Docteure en Sciences de la Nutrition, Ingénieur en Nutrition et Science des Aliments, Naturopathe.