Comment entraîner son intestin à digérer en courant ?
Les troubles digestifs sont fréquents en endurance, et ils ne relèvent pas d'une fatalité. Pour comprendre leurs mécanismes, lisez notre article sur la digestion chez le sportif. L'intestin s'adapte à ce qu'on lui donne : un apport régulier de glucides pendant l'entraînement améliore la vidange gastrique et la capacité d'absorption, et réduit la fréquence des symptômes [6].
En pratique, profitez de vos sorties longues pour augmenter progressivement vos apports, par exemple de 30 à 60 g/h, puis vers 90 g/h sur plusieurs semaines. Testez les produits exacts que vous utiliserez le jour J, à l'allure de course. Renseignez-vous aussi sur ce que l'organisateur propose aux ravitaillements. Un microbiote en bonne santé participe également à ce confort digestif à l'effort.
Peut-on faire ses barres énergétiques maison ?
Oui, avec quelques précautions. Les recettes maison peuvent combiner flocons d'avoine fins, riz soufflé, fruits secs, sirop de riz ou miel, à condition de limiter les fibres et les graisses. Trop de lipides ralentissent la digestion, trop de fibres accentuent les ballonnements [4, 6]. Certains coureurs sensibles tolèrent mieux les recettes pauvres en sucres fermentescibles (« low-FODMAP »).
Recette de base (8 barres) : 100 g de flocons d'avoine fins, 150 g de dattes dénoyautées mixées, 2 cuillères à soupe de miel et une pincée de sel. Mélangez, étalez sur 1,5 cm d'épaisseur et laissez prendre au réfrigérateur. Chaque barre apporte environ 25 g de glucides (valeurs indicatives, selon les ingrédients utilisés).
Le fait maison séduit, mais ses apports restent moins précis que ceux d'un produit formulé pour l'effort. Il convient bien à l'entraînement et aux sorties longues, un peu moins à une course où chaque gramme compte.
Quels sont les risques d'une mauvaise gestion énergétique pendant la course ?
L'erreur la plus fréquente reste le « mur » : le moment où le glycogène s'épuise brutalement, souvent autour du 30e kilomètre d'un marathon. Hypoglycémie, jambes vides, baisse de vigilance : les conséquences sont immédiates.
À l'inverse, trop de gels sans eau, un produit jamais testé ou un excès de fructose seul favorisent nausées, crampes d'estomac et diarrhées. La chaleur accentue ces risques, car elle augmente les pertes hydriques et complique la digestion [12].
Sur le long terme, négliger régulièrement ses apports lors des sorties longues contribue à une faible disponibilité énergétique, le terrain du syndrome de déficit énergétique relatif dans le sport (REDs) : fatigue persistante, blessures à répétition, troubles hormonaux [11].