Que manger pendant un régime sans résidus ?

Régime sans résidus

Votre médecin vous a prescrit un régime sans résidus, par exemple avant une coloscopie et la fiche remise laisse des questions en suspens : yaourt ou pas, pain frais ou grillé, trois jours ou un seul ? Le principe, lui, est simple : manger très peu de fibres pour que l’intestin contienne le moins de matières possible. Ce sont les détails qui changent d’un protocole à l’autre. Nous faisons ici le tri entre ce qui fait consensus et ce qui dépend de votre fiche, menus à l’appui, pour tenir sans vous affamer.

Ce qu'il faut retenir :

  • Le principe : un régime très pauvre en fibres, temporaire, dont l'usage le mieux établi est la préparation d'une coloscopie.
  • Le socle commun : riz blanc, pâtes, biscottes, viandes maigres, poisson, œufs et fromages à pâte dure.
  • À éviter dans tous les cas : légumes, légumineuses, céréales complètes et la plupart des fruits.
  • La durée : celle de votre fiche ; pour la plupart des patients, les recommandations récentes jugent la veille de l'examen suffisante.

Qu'est-ce qu'un régime sans résidus ? Définition et indications médicales

Un régime sans résidus limite les aliments qui laissent des restes non digérés après leur passage dans l’intestin grêle, avant d’atteindre le côlon (le gros intestin) comme :

  • Les fibres alimentaires d’origine végétale
  • Certains « résidus de viande » (tendons, pieds, tête, morceaux riches en tissus conjonctifs) [1, 2].

Le but : réduire le volume des selles [3]. Ce type de régime peut être prescrit avant certains examens médicaux, comme la coloscopie, ou pour traverser une période de fragilité du tube digestif [1, 3, 7].

Régime sans résidus ou régime pauvre en fibres : quelle définition ?

Le nom promet pourtant plus de précision qu’il n’en a. Faute de définition chiffrée scientifiquement admise des « résidus » et de méthode pour les mesurer, l’association américaine des diététiciens (Academy of Nutrition and Dietetics) a retiré ce régime de son manuel de référence [4].

Dans les études, « sans résidus » et « pauvre en fibres » sont employés comme synonymes, et des chercheurs proposent de parler simplement d’un régime apportant au plus 10 g de fibres par jour [4]. Une mise au point de gastro-entérologues français, publiée en 2024, le situe autour de 10 à 14 g par jour [3].

Que disent les recommandations françaises sur l’appellation « sans résidus » ?

Les recommandations françaises de diététique hospitalière (AFDN-SFNCM, 2021) ont d’ailleurs abandonné l’appellation « sans résidus », puisque tous les aliments en laissent, au profit d’« alimentation pauvre en fibres » : stricte entre 10 et 14 g par jour, simple entre 15 et 20 g [5]. Pour mesurer l’écart : l’Anses recommande 30 g de fibres par jour à l’adulte, quand la moyenne française tourne autour de 20 g selon l’étude nationale INCA 3 (2017) [6].

Régime sans résidus strict ou élargi : quelles différences ?

Votre médecin peut prescrire une version stricte ou une version élargie du régime [7]. Les régimes sans résidus stricts écartent tous les fruits et légumes, y compris cuits, ainsi que, dans certaines situations, les laitages autres que les fromages à pâte dure [1]. Des protocoles moins restrictifs autorisent, selon les équipes, la pomme de terre, la compote nature ou les yaourts [3, 7]. Voilà pourquoi deux personnes qui préparent le même examen reçoivent parfois des listes différentes.

À quoi sert vraiment le régime sans résidus ?

Quelle que soit la version, ce régime n’a qu’une vocation : préparer l’intestin, accompagner la suite d’une intervention chirurgicale ou traverser une période médicale précise. Ce n’est ni un régime minceur ni un traitement, et il n’est pas conçu pour être suivi au long cours [3].

Pourquoi suivre un régime sans résidu avant une coloscopie ?

Pour qu’une coloscopie soit fiable, le gastro-entérologue doit voir la paroi du côlon sans obstacle. La préparation associe donc une solution laxative, dont votre fiche détaille la prise, et une alimentation pauvre en fibres les jours précédents.

Les sociétés savantes s’accordent sur ce volet alimentaire : les recommandations de la Société européenne d’endoscopie digestive (ESGE) conseillent un régime pauvre en fibres la veille de l’examen, avec un niveau de recommandation fort fondé sur des preuves de qualité modérée [8]. Celles publiées aux États-Unis en 2025 vont dans le même sens et limitent les restrictions alimentaires à la veille pour les patients sans facteur de risque de préparation insuffisante [9].

Régime pauvre en résidus ou liquides clairs : que disent les essais ?

Faut-il alors se contenter de liquides ? Les essais répondent que non.

Une méta-analyse, qui regroupe les résultats de 9 essais randomisés (1 686 patients), n’a pas trouvé de différence de qualité de préparation entre un régime pauvre en résidus et les seuls liquides clairs, et le régime solide était mieux toléré [10].

Une seconde, portant sur 20 essais et 4 323 participants, confirme cette équivalence et relève moins de nausées, de vomissements, de sensation de faim et de maux de tête avec le régime pauvre en résidus [11]. Les participants le jugeaient aussi plus facile à suivre, même si la tolérance globale ne différait pas significativement [11]. Deux limites à garder en tête : les menus testés variaient d’un essai à l’autre, et la seconde analyse avait écarté les études menées chez des enfants ou des patients diabétiques, insuffisants rénaux ou hépatiques [11].

Combien de jours de régime avant la coloscopie ?

C’est le point qui varie le plus. En France, la fiche de la Société nationale française de gastro-entérologie (SNFGE) prévoit trois jours de régime strict [1], celle de l’afa, l’association de patients atteints de maladies inflammatoires chroniques de l’intestin (MICI), quatre jours [7]. L’Assurance Maladie mentionne, elle, un régime généralement suivi la veille, parfois dès deux jours avant [12].

Les données récentes plaident pour des régimes courts. Une méta-analyse de 5 essais randomisés (2 248 patients) ne trouve pas de différence entre un et plusieurs jours de régime : 90,1 % de préparations adéquates d’un côté, 89,7 % de l’autre [13]. Le régime d’un jour était mieux toléré [13].

Une autre méta-analyse, portant sur 6 essais et 2 469 participants, aboutit au même constat : 87,2 % contre 87,1 % de préparations adéquates [14]. Le consensus français de 2011 notait déjà qu’aucune étude n’avait montré de bénéfice à prolonger le régime au-delà de 24 heures [15].

Dans quels cas la préparation est-elle renforcée ?

Dans certaines situations (constipation, diabète, cirrhose, certains médicaments, préparation insuffisante lors d’un examen précédent), le médecin peut prescrire une préparation renforcée, qui comporte parfois un régime plus long [9, 15]. Pensez à les signaler lors de la consultation.

Erreur fréquente : allonger le régime « pour être sûr »

Les essais ne montrent pas de meilleure préparation avec un régime plus long ou plus restrictif [10, 11, 13-15], et la période devient plus pénible. L’inverse vaut aussi : ne raccourcissez pas un régime prescrit, car sa durée peut tenir compte de votre situation. Le bon régime est celui de votre fiche, suivi tel quel.

Quels aliments autorisés privilégier et lesquels éviter ?

Les fiches données par les professionnels de santé ne donnent pas toujours la même liste, d’où la confusion parfois des patients. Elles s’accordent sur un socle d’aliments autorisés et sur les grandes exclusions, mais divergent sur les laitages, la pomme de terre, la compote ou le pain frais [1, 3, 7].

Le tableau ci-dessous sépare ces trois catégories. En cas de doute, votre fiche fait foi. Ces exclusions sont temporaires : elles ne disent rien de la valeur de ces aliments au quotidien.

Tableau du régime sans résidus : aliments autorisés, selon votre fiche et à éviter, par famille

Famille Autorisé (socle commun) Selon votre fiche À éviter
Féculents Riz blanc, pâtes, semoule, tapioca Pomme de terre sans peau, jamais frite Riz complet, quinoa, céréales complètes, muesli
Pain et biscuits Biscottes, pain blanc grillé, biscuits secs Pain blanc frais, pain de mie Pain complet, aux céréales ou au son
Fruits Jus sans pulpe Compote nature Fruits crus, fruits secs, confitures avec morceaux ou pépins
Légumes Bouillon de légumes filtré Aucun Tous les légumes, crus, cuits ou en conserve ; légumineuses
Viandes Viandes maigres et tendres, volaille sans peau, jambon maigre Aucune Charcuterie, viandes grasses, fumées ou en sauce, morceaux nerveux
Poissons et produits de la mer Poisson frais ou surgelé, non pané Crustacés, coquillages Poissons fumés ou séchés
Œufs À la coque, mollets ou durs Aucun Cuits dans la matière grasse
Produits laitiers Fromages à pâte dure : emmental, comté, gruyère, cantal Lait sans lactose, yaourt nature, fromages à pâte molle (brie, camembert) Fromages bleus, comme le roquefort
Matières grasses et sauces Beurre cru, margarine, huiles crues Aucune Graisses cuites, fritures, sauces épicées, moutarde, sauce tomate
Sucreries Sucre, miel, gelées sans pépins, meringues, chocolat sans fruits secs ni noisettes Aucune Pâtisseries, glaces, sorbets
Boissons Eau plate ou gazeuse, thé, café, tisanes, jus sans pulpe, sodas Aucune Alcool, jus avec pulpe

Sources : fiches SNFGE [1] et afa [7], fiche VIDAL [2], mise au point française [3].

Laitages, pomme de terre, compote : ce qui change d’un protocole à l’autre

Cinq familles concentrent l’essentiel des écarts entre fiches. Les recommandations AFDN-SFNCM jugent même sans fondement l’exclusion systématique du lait, des laitages, des pommes de terre et du pain blanc [5], alors que l’Assurance Maladie conseille d’éviter les laitages avant une coloscopie [12]. Si la vôtre ne tranche pas, posez la question au centre plutôt que de décider seul.

  • Laitages : la fiche stricte de la SNFGE exclut lait, laitages et fromages fermentés (camembert, brie, roquefort) en cas d’irritation de la muqueuse du côlon [1]. L’afa autorise yaourts, fromages à pâte molle et lait sans lactose [7].
  • Pomme de terre : exclue des régimes sans résidus stricts, elle est acceptée ailleurs, fraîchement cuite, sans peau et jamais en frites [1, 3, 7].
  • Compote : admise nature dans certains protocoles, pas dans la version stricte, qui écarte tous les fruits cuits [1, 3].
  • Pain frais : exclu par la SNFGE, autorisé par l’afa, comme le pain de mie [1, 7].
  • Crustacés et coquillages : autorisés par la SNFGE, déconseillés par l’afa [1, 7].

Viandes, poissons et cuissons autorisés

Privilégiez les viandes très maigres (escalope de dinde, poulet sans peau, filet de bœuf dégraissé, jambon blanc) et les poissons blancs ou thon au naturel. Pour les modes de cuisson, orientez-vous systématiquement vers la vapeur, le court-bouillon, la papillote ou le four sans adjonction d'huile cuite [1].

Matières grasses, sauces et assaisonnements autorisés

Les lipides (beurre, margarine, huile d'olive ou de colza) doivent s'ajouter froids, crus et avec parcimonie directement dans l'assiette [1, 7]. Les graisses cuites, sauces au poivre, moutardes fortes, sauces tomates industrielles et épices irritantes demeurent strictement proscrites [1, 3]. Vous pouvez assaisonner avec un peu de sel fin ou quelques gouttes de jus de citron passé au tamis [1].

Quels desserts autoriser pendant un régime sans résidus ?

Biscuits secs, meringues, miel, gelées sans pépins (groseille, coing) et chocolat noir ou au lait sans fruits secs ni noisettes permettent de garder un dessert [1]. La fiche de la SNFGE demande aussi d’écarter les fruits à petits pépins (raisin, fraise, figue, kiwi) dès six jours avant l’examen [1].

Quelles boissons et quel alcool pendant un régime sans résidus ?

Côté boissons, l’eau plate ou gazeuse, le thé, le café, les tisanes, les jus sans pulpe et les sodas sont autorisés [1, 7] ; l’alcool est à éviter [1].

Pour l'hydratation, buvez régulièrement de l'eau minérale, des infusions claires, du thé léger, des bouillons limpides ou des jus de pomme clarifiés sans aucune pulpe [1, 7]. Les boissons alcoolisées sont à proscrire totalement pendant toute la durée de la préparation colique [1].

Exemples de menus et dernier repas avant la coloscopie

Les menus suivants n’utilisent que des aliments du socle commun. La colonne de droite propose des ajouts à réserver aux protocoles qui les autorisent. Adaptez les quantités à votre appétit habituel.

Comment varier les repas d’un jour à l’autre ?

Pour varier d’un jour à l’autre, quelques associations simples : jambon maigre et coquillettes, pavé de thon grillé et semoule, œufs mollets et riz blanc, filet de dinde et tapioca, avec un morceau de comté ou de gruyère.

Complétez votre repas avec une part de fromage à pâte cuite ferme tel que le gruyère, l'emmental ou le cantal entre-deux, faciles à découper et sans lactose irritant.

Que manger la veille de la coloscopie ?

La veille de l’examen, les horaires comptent autant que le contenu de l’assiette. Les recommandations américaines prévoient, ce jour-là, des repas pauvres en résidus ou des liquides clairs pour le petit-déjeuner et le déjeuner [9].

Sur votre fiche, repérez trois informations : la date de début du régime, les repas encore autorisés et l’heure de passage aux liquides clairs puis au jeûne, fixée par l’anesthésiste [12].

Aliments et diverticulite : ce régime est-il encore utile ?

Les diverticules sont de petites poches formées dans la paroi du côlon ; la diverticulite correspond à leur inflammation. Elle a longtemps été associée au régime sans résidus [3], et certaines fiches la citent encore parmi ses indications [1].

Les recommandations ont évolué. Pour une diverticulite non perforée, la Haute Autorité de santé (HAS) recommande une alimentation non restrictive pendant le traitement, si elle est tolérée [16]. Une revue systématique aboutit à la même orientation, tout en soulignant la très faible qualité des preuves disponibles [17]. Les recommandations AFDN-SFNCM ne le retiennent pas non plus dans cette indication [5].

En pratique, si votre médecin prescrit un régime pauvre en résidus pendant une poussée, suivez-le : l’alimentation est ensuite élargie dès que possible, selon l’évolution, comme le préconise la mise au point française de 2024 [3]. Un régime sans résidus prolongé n’a pas sa place après l’épisode [3]. Pour l’alimentation à adopter au quotidien en cas de crise, consultez notre article sur les aliments et la colite.

Erreur fréquente : bannir graines et fruits à coque

L'idée que noix, graines ou maïs aggravent les diverticules a la vie dure. La HAS recommande au contraire de ne pas déconseiller les fruits à coque, le maïs ou le pop-corn pour prévenir une diverticulite [16]. Dans une cohorte de plus de 47 000 hommes suivis pendant 18 ans, les plus gros consommateurs de noix et de pop-corn n'avaient pas plus de diverticulites, plutôt moins, sans que cette association prouve un effet protecteur [18]. La HAS ne recommande d'ailleurs aucun régime particulier pour éviter une récidive [16].

Maladie de Crohn et MICI : dans quels cas a-t-il un sens ?

MICI : pourquoi a-t-on longtemps restreint les fibres ?

Les maladies inflammatoires chroniques de l’intestin (MICI), comme la maladie de Crohn ou la rectocolite hémorragique, ont longtemps justifié des restrictions de fibres [3]. Les données ne les soutiennent pas en routine.

Régime pauvre en résidus et maladie de Crohn : que montre l’essai ?

Dans un essai randomisé mené chez 70 patients atteints d’une maladie de Crohn sans rétrécissement de l’intestin, suivis 29 mois en moyenne, le régime pauvre en résidus n’a pas fait mieux qu’une alimentation normale : pas moins de symptômes, d’hospitalisations, d’interventions ni d’occlusions [19]. L’essai est ancien et de petite taille. La mise au point française de 2024 rappelle qu’aucun régime riche ou pauvre en fibres n’est recommandé de façon systématique dans les MICI [3].

Et en cas de sténose de l’intestin ?

La situation change en cas de sténose, c’est-à-dire de rétrécissement de l’intestin. Les végétaux fibreux peuvent alors être mal tolérés, et l’American Gastroenterological Association propose d’adapter leur texture (cuisson prolongée, mixage, mastication soigneuse) pour les garder au menu sans les supprimer [20]. En France, les recommandations AFDN-SFNCM réservent d’ailleurs la version stricte aux rétrécissements qui donnent des symptômes [5]. Cette adaptation se décide avec l’équipe soignante, idéalement avec un diététicien, d’autant que les restrictions alimentaires peuvent contribuer, avec la maladie elle-même, à une dénutrition [20].

Combien de temps le suivre et comment reprendre les fibres ?

Combien de temps peut-on suivre ce régime ?

Le régime sans résidus est conçu pour quelques jours. Une fiche VIDAL de 2011 conseillait de ne pas dépasser une huitaine de jours [2], et la mise au point française de 2024 rappelle qu’il n’a jamais été recommandé au long cours, car trop restrictif [3].

Pourquoi ne pas le prolonger ?

Les recommandations AFDN-SFNCM demandent d’en limiter la durée autant que possible : monotone, il expose à un risque nutritionnel, dont une carence en vitamine C [5]. Suivi plus longtemps, il éloigne nettement des repères : avec 10 à 14 g de fibres par jour [3], on reste loin des 25 g que l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) juge adéquats pour un transit intestinal normal chez l’adulte [21], et plus encore des 30 g recommandés par l’Anses [6].

Comment reprendre les fibres après l’examen ?

Après l’examen, reprenez votre alimentation habituelle selon les consignes de l’équipe.

Il n’existe pas, à notre connaissance, de protocole de réintroduction évalué : à titre pratique, le plus simple est de revenir progressivement aux légumes cuits, puis crus, aux fruits et aux céréales complètes, jusqu’à retrouver vos habitudes. Si la reprise s’accompagne d’un inconfort transitoire, notre article sur l’alimentation contre la constipation détaille comment réaugmenter les fibres en douceur.

Pour des idées concrètes, consultez nos guides des légumes riches en fibres et des fruits riches en fibres.

Prudence : quand appeler votre médecin ?

  • Avant l’examen, signalez une constipation, un diabète, une cirrhose ou les médicaments que vous prenez : la préparation peut devoir être adaptée [9].
  • Après l’examen, des douleurs abdominales, du sang rouge dans les selles, des selles anormalement noires ou de la fièvre justifient de consulter rapidement votre médecin ou d’appeler le numéro remis à la sortie [12].
  • Pour vos traitements, ne modifiez ni n’interrompez rien de vous-même pour préparer l’examen : ces ajustements se décident avec le médecin.

Ce qu'il faut retenir

Le régime sans résidus est un outil de préparation, pas une façon de manger.

Pour une coloscopie, les preuves vont dans le sens de la simplicité : un régime court, bâti sur des féculents raffinés, des protéines maigres et des boissons sans pulpe, prépare l’intestin aussi bien qu’un régime plus long ou exclusivement liquide, et se vit mieux [10, 11, 13, 14].

Notre conseil : suivez la fiche de votre centre telle qu’elle est écrite, sans ajouter de jours ni d’interdits, variez vos repas à l’intérieur du socle autorisé et n’attendez pas le jour de l’examen pour poser vos questions. Les fibres, mises entre parenthèses quelques jours, redeviennent ensuite un objectif de tous les jours.

Pour redécouvrir leurs bienfaits au quotidien, direction notre article sur les bienfaits des fibres.

Vos questions, nos réponses

Nos experts répondent à toutes vos questions.

Tout dépend de votre protocole. La fiche stricte de la SNFGE exclut les laitages, à l'exception des fromages à pâte dure, lorsque la muqueuse du côlon est atteinte [1], alors que la fiche de l'afa autorise les yaourts [7]. Si le vôtre les permet, choisissez un yaourt nature, sans morceaux de fruits ni céréales, puisque ces aliments restent exclus [1].

L'eau plate ou gazeuse, le thé, le café, les tisanes, les jus de fruits sans pulpe et les sodas sont autorisés [1, 7]. L'alcool et les jus avec pulpe sont à éviter [1]. Buvez suffisamment les jours de régime [15], et respectez les horaires de votre fiche pour les dernières boissons avant l'examen.

La durée est celle de votre fiche : trois jours dans celle de la SNFGE [1], quatre dans celle de l'afa [7]. Pour la plupart des patients, les recommandations européennes et américaines jugent la veille suffisante [8, 9], et un jour de régime prépare aussi bien que plusieurs [13, 14]. En cas de constipation, de diabète ou de préparation difficile par le passé, le médecin peut prescrire une préparation renforcée, parfois avec un régime plus long [9].

Les biscottes et le pain blanc grillé sont admis dans les fiches de la SNFGE et de l'afa [1, 7]. Le pain blanc frais et le pain de mie sont acceptés par l'afa, mais pas par la version stricte de la SNFGE [1, 7]. Évitez dans tous les cas le pain complet, aux céréales ou au son [1, 7].

Biscuits secs, meringues, gelées de fruits sans pépins, miel et chocolat sans fruits secs ni noisettes conviennent [1]. La compote nature est acceptée dans certains protocoles, pas dans la version stricte [1, 3]. Pâtisseries, glaces et sorbets restent à éviter [1].

Le socle commun regroupe le riz blanc, les pâtes, les biscottes, les viandes maigres, le poisson frais, les œufs et les fromages à pâte dure comme l'emmental ou le comté [1, 3, 7]. Selon votre fiche, la pomme de terre sans peau, la compote nature ou le yaourt nature peuvent s'y ajouter [3, 7].

Le beurre cru, la margarine et les huiles crues s'ajoutent avec modération, sans cuisson [1, 7]. Les fritures, les sauces épicées, la moutarde et la sauce tomate sont à écarter [1, 3] ; le sel et le jus de citron filtré restent possibles [1].

Les informations présentées sur ce site le sont à titre purement informatif. Elles ne sauraient se substituer à l'avis d'un professionnel de santé.

Références scientifiques

  1. Société nationale française de gastro-entérologie (SNFGE) (s. d.). Régime sans résidus strict à faire 3 jours avant une coloscopie
  2. VIDAL Recos (2011). Diététique : régime sans résidus
  3. FMC-HGE, POST’U 2024 (2024). Les « régimes sans » ont-ils encore du sens en HGE ?
  4. Advances in Nutrition (2015). Low-residue and low-fiber diets in gastrointestinal disease management
  5. Nutrients (2021). Guidelines on standard and therapeutic diets for adults in hospitals by the French Association of Nutritionist Dieticians (AFDN) and the French Speaking Society of Clinical Nutrition and Metabolism (SFNCM)
  6. Anses (2017). INCA 3 : évolution des habitudes et modes de consommation, de nouveaux enjeux en matière de sécurité sanitaire et de nutrition
  7. afa Crohn RCH France (2018). Adapter son alimentation avant une coloscopie
  8. Endoscopy (2019). Bowel preparation for colonoscopy: European Society of Gastrointestinal Endoscopy (ESGE) guideline – update 2019
  9. Gastrointestinal Endoscopy (2025). Optimizing bowel preparation quality for colonoscopy: consensus recommendations by the US Multi-Society Task Force on Colorectal Cancer
  10. Gastrointestinal Endoscopy (2016). Low-residue versus clear liquid diet before colonoscopy: a meta-analysis of randomized, controlled trials
  11. Gastrointestinal Endoscopy (2020). Low-residual diet versus clear-liquid diet for bowel preparation before colonoscopy: meta-analysis and trial sequential analysis of randomized controlled trials
  12. Assurance Maladie (ameli.fr) (2026). Comment se déroule une coloscopie ?
  13. BMC Gastroenterology (2025). Effect of single-day versus multi-day low-residue diet on colonoscopy bowel preparation: a systematic review and meta-analysis
  14. Clinical Endoscopy (2025). One-day low-residue diet is equally effective as the multiple-day low-residue diet in achieving adequate bowel cleansing: a meta-analysis of randomized controlled trials
  15. Acta Endoscopica (2011). Consensus en endoscopie digestive : préparation colique pour la coloscopie totale en 2011
  16. Haute Autorité de santé (2017). Prise en charge médicale et chirurgicale de la diverticulite colique : synthèse de la recommandation de bonne pratique
  17. Nutrients (2018). Evidence for dietary fibre modification in the recovery and prevention of reoccurrence of acute, uncomplicated diverticulitis: a systematic literature review
  18. JAMA (2008). Nut, corn, and popcorn consumption and the incidence of diverticular disease
  19. Gut (1985). Low residue or normal diet in Crohn’s disease: a prospective controlled study in Italian patients
  20. Gastroenterology (2024). AGA clinical practice update on diet and nutritional therapies in patients with inflammatory bowel disease: expert review
  21. EFSA (2010). Scientific opinion on dietary reference values for carbohydrates and dietary fibre

Rédigé par Benjamin Dariouch, 

Benjamin Dariouch est Responsable valorisation scientifique & Expert nutraceutique chez Nutri&Co. Auteur de "L'Anti-inflammatoire décodé" (Eyrolles)

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