Comment choisir le meilleur multivitamines ?

Meilleur multivitamines

Il n’existe pas de meilleur multivitamines pour tout le monde. Le meilleur, pour vous, est celui qui répond à un besoin réel, apporte des doses proches de vos besoins sans dépasser les repères de sécurité, convient à votre situation et affiche clairement ce qu’il contient. Voici tous nos conseils pour choisir le bon multivitamines selon vos besoins.

Ce qu'il faut retenir :

  • Commencez par faire le point sur votre alimentation, vos éventuels bilans sanguins et les compléments que vous prenez déjà.
  • Comparez les quantités pour la portion quotidienne, pas pour une gélule isolée ou d’après le nombre d’actifs annoncé.
  • Lisez les % de valeurs nutritionnelles de référence (VNR) comme des repères d’étiquetage, pas comme une ordonnance personnalisée.
  • En cas de grossesse, de carence, de traitement ou de symptômes persistants, faites valider le choix par un professionnel de santé.

Avez-vous vraiment besoin d’un multivitamines ?

Vous mangez de façon variée et vos besoins sont couverts ? L’alimentation reste votre première source de vitamines et minéraux. Un multivitamines n’a pas d’intérêt démontré comme assurance générale contre les maladies. En l’absence de maladie, l’Anses estime qu’une alimentation variée et équilibrée couvre l’ensemble des besoins nutritionnels [1]. Les compléments n’en sont pas moins répandus : 22 % des adultes en consommaient en 2014-2015 selon l’étude INCA 3 [1].

Les manques en vitamines et minéraux les plus répandus

Les manques existent, mais ils sont ciblés. Dans la dernière grande étude nationale (Esteban, 2014-2016), un adulte sur quatre seulement avait un statut en vitamine D satisfaisant, une femme en âge de procréer sur cinq avait des réserves en fer épuisées et 13 % des femmes de 18 à 49 ans présentaient un risque de déficit en folates. Les déficits en vitamines A et E étaient, eux, quasi inexistants [2]. 

Les études d'impact d'un multivitamines pour la santé

Une synthèse d’essais réalisée pour l’USPSTF (9 essais, plus de 51 000 participants) relève un signal modeste de baisse de l’incidence globale des cancers, mais les preuves ne suffisent pas à recommander la prise systématique d’un multi pour prévenir le cancer ou les maladies cardiovasculaires [3]. Dans l’un des plus grands essais, mené chez 14 641 médecins américains de 50 ans et plus, le risque de cancer a baissé de 8 % en onze ans [4], sans effet cardiovasculaire [5] ; cette baisse n’a pas été retrouvée dans l’essai COSMOS, conduit chez plus de 21 000 adultes âgés [6]. L’USPSTF juge donc les preuves insuffisantes pour recommander un multivitamines afin de prévenir ces maladies [7].

Dans trois cohortes américaines réunissant 390 124 adultes suivis plus de vingt ans, la prise quotidienne d’un multivitamines n’était pas associée à une mortalité plus faible [8]. Un signal plus récent concerne la mémoire : chez des Américains de plus de 60 ans, un multivitamines a légèrement amélioré des scores de tests cognitifs sur deux à trois ans, un effet modeste, obtenu avec un seul produit et qui reste à confirmer [9].

Quand un multivitamines est-il recommandé ?

Certaines situations justifient d’augmenter ses apports en vitamines et minéraux. C’est le cas d’une alimentation temporairement moins variée ou plus restreinte qu’à l’habitude, ou d’un régime qui exclut des groupes d’aliments : les personnes végétaliennes, par exemple, peinent à couvrir leurs besoins en vitamine B12 [36]. Une absorption moins efficace compte aussi. Elle peut venir d’une gastrite atrophique, plus fréquente avec l’âge, de certains médicaments comme la metformine [12], ou d’une chirurgie de l’obésité, après laquelle une supplémentation est systématique [14].

Les profils qui méritent une attention particulière au multivitamines

  • Chez les sportifs qui s'entraînent intensément, les compléments de micronutriments ont leur place pour corriger un manque, après une évaluation de l'alimentation [39].
  • Dès le projet de grossesse, puis pendant la grossesse et l'allaitement, la supplémentation se décide avec un professionnel de santé, à commencer par l'acide folique autour de la conception [37].
  • Chez les seniors enfin, plusieurs de ces facteurs peuvent s'additionner, et le déficit en vitamine D a progressé chez les hommes de 55 à 74 ans [2].

Pour une partie de ces profils, un multivitamines à doses modérées peut être un appui pratique, s'il couvre bien le besoin en cause. La grossesse et les suites d'une chirurgie de l'obésité appellent, elles, des produits et un suivi adaptés.

Multivitamines
Multivitamines

Immunité Antioxydant

Quel multivitamines choisir en fonction de votre profil ?

Quel complément selon votre profil ?

Profil Ce qui compte En pratique
Adulte à l'alimentation variée Besoins couverts en principe par l'alimentation [1] Le plus souvent, pas de multi ; un apport ciblé en vitamine D se discute si votre statut est bas.
Alimentation restreinte ou petit appétit Plusieurs apports faibles Multi à doses modérées, en parallèle d'un rééquilibrage de l'alimentation.
Végétarien ou végétalien Vitamine B12, vitamine D, fer, zinc [36] B12 dédiée si vous êtes végétalien, la dose d'un multi, proche de la VNR, ne suffisant pas à elle seule [10, 12] ; multi éventuel pour le reste.
Femme aux règles abondantes Fer : référence de 16 mg par jour [10] Bilan sanguin, puis multi + complément de fer ciblé selon le résultat (compléments pour les femmes).
Homme ou femme ménopausée Besoins en fer plus faibles : 11 mg par jour [10] Formule sans fer, complément spécifique si carence diagnostiquée.
Projet de grossesse, grossesse, allaitement Acide folique : 400 µg par jour, dès 4 semaines avant la conception [37] Produit adapté à cette période, sur avis de votre médecin ou sage-femme, sans multiplier les sources de vitamines et minéraux [38] (vitamine B9 et grossesse).
60 ans et plus Vitamine D, B12 (absorption réduite avec l'âge ou certains médicaments) [2, 12] Multi à doses modérées ; bilan en cas de doute (compléments pour les seniors).
Sportif Les compléments de micronutriments servent à corriger une carence ; risque de contamination [39] En compétition, produit conforme à la norme antidopage NF EN 17444 [40].

Vous y pensez parce que vous êtes fatigué ? Une fatigue qui dure mérite qu’on en cherche d’abord la cause : voir quelle vitamine pour la fatigue.

À RETENIR

Un multivitamines comble des apports insuffisants ; chez les personnes déjà bien pourvues, les bénéfices observés restent au mieux modestes et incertains.

Multivitamines ou complément ciblé : que choisir ?

Tout se joue sur une question : combien de nutriments risquent réellement de vous manquer ?

  • Un seul (souvent la vitamine D, le fer, la B12 ou les folates) : un complément ciblé est généralement plus adapté. La valeur d’étiquetage de la B12 est par exemple de 2,5 µg, contre une référence de 4 µg pour l’Anses [10, 11], et son absorption active sature autour de 1 à 2 µg par prise [12]. Pour la vitamine D, voir comment choisir sa vitamine D.
  • Plusieurs (alimentation peu variée ou restreinte, petit appétit, exclusion de groupes d’aliments) : un complexe multivitaminé à doses modérées devient une option pratique. C’est un raisonnement nutritionnel plus qu’un résultat d’essai, faute d’étude comparant ces deux stratégies.
  • Une carence diagnostiquée : elle relève d’un traitement médical ; pour le fer, par exemple, les repères de sécurité de l’EFSA ne s’appliquent pas aux traitements prescrits [13]. Après une chirurgie de l’obésité, la supplémentation est définie et suivie par l’équipe médicale, à vie après un bypass [14].

ERREUR FRÉQUENTE

Prendre un multivitamines « pour être tranquille » pendant qu’une carence en fer ou en B12 s’installe. Ses doses sont calibrées pour compléter, pas pour corriger : en cas de doute, un bilan sanguin prescrit par votre médecin sera plus utile.

Les critères pour choisir un multivitamines, par ordre d’importance

Une fois le besoin établi, cinq critères permettent de repérer le meilleur multivitamines pour votre situation. Les deux premiers relèvent de la sécurité et de votre profil, le troisième permet de les vérifier ; les deux derniers départagent des produits déjà adaptés.

Choisir un multivitamines : les critères, du plus au moins important

Critère Ce que vous vérifiez Priorité
Doses raisonnables Quantité par dose journalière et % VNR ; total de tous vos compléments ★★★★★ Indispensable
Composition adaptée Fer, vitamine K, B12, folates selon votre situation ★★★★★ Indispensable
Étiquette complète et analyses Chaque nutriment chiffré avec sa forme ; analyses consultables ★★★★★ Indispensable pour l'étiquette, utile pour les analyses
Formes documentées Vitamine D3 ; zinc sous une autre forme que l'oxyde ★★★★★ Utile
Format et coût par jour Nombre de prises ; prix pour 30 jours de dose complète ★★★★★ Secondaire

1. Des doses proches de vos besoins, jamais au-delà des plafonds

Le « % VNR » de l’étiquette se calcule par rapport aux valeurs nutritionnelles de référence européennes, identiques pour tous les adultes [11]. Ce n’est pas un objectif personnel : les références de l’Anses sont parfois plus élevées, par exemple 15 µg de vitamine D par jour contre une VNR de 5 µg [10]. À l’autre extrémité, les limites de sécurité de l’EFSA portent sur l’ensemble des apports [15], et l’Anses a recommandé en 2024 des doses maximales par complément, dans un projet de réglementation pas encore en vigueur [16].

Vitamines et minéraux : apports de référence et doses maximales pour un adulte, par jour

Nutriment VNR Référence Anses Plafond par complément (Anses) Limite EFSA, toutes sources
Vitamine D 5 µg 15 µg 50 µg 100 µg
Folates 200 µg 330 µg (femmes) 500 µg (acide folique) 1 000 µg (formes ajoutées)
Magnésium 375 mg 300 mg (femmes) à 380 mg (hommes) 250 mg 250 mg (magnésium ajouté)
Zinc 10 mg 7,5 à 14 mg selon l'alimentation 9,7 mg 25 mg
Sélénium 55 µg 70 µg 67 µg 255 µg
Fer 14 mg 11 mg ; 16 mg si règles abondantes 14 mg niveau sûr de 40 mg [13]

Sources : VNR [11] ; références Anses 2021 [10] ; plafonds recommandés par l'Anses en 2024, non encore réglementaires [16] ; limites EFSA [15].

Plus dosé n’est toujours pas mieux. Dans les essais à faible risque de biais, les antioxydants à fortes doses (bêta-carotène, vitamine E et probablement vitamine A) ont été associés à une mortalité légèrement accrue [17]. L’EFSA recommande d’ailleurs de limiter le bêta-carotène des compléments à la couverture des besoins en vitamine A [18].

Pensez au cumul. Un multi ajouté à d’autres compléments et à des aliments enrichis peut faire dépasser les limites de sécurité [19]. Surveillez surtout la vitamine D (ampoules prescrites), le zinc et la vitamine B6, y compris dans les formules « cheveux », « énergie » ou « immunité » que vous prenez peut-être déjà. Pour la B6, la limite de 12 mg par jour toutes sources confondues est un plafond, pas une dose à viser [15].

2. Une composition adaptée à votre situation

Le fer est le premier point à trancher. Pour une femme aux règles abondantes, la référence de l’Anses monte à 16 mg par jour [10] ; pour un homme ou une femme ménopausée, une formule sans fer est généralement la plus logique. Dans le doute, un bilan sanguin évite de prendre du fer au hasard.

La vitamine K compte si vous prenez un anticoagulant de type antivitamine K : chez des volontaires traités, 10 µg par jour de vitamine K2 (MK-7) suffisaient à déséquilibrer le traitement chez une partie d’entre eux [20] (voir compléments et anticoagulants). Pour la vitamine B12 et les folates, les besoins des personnes végétaliennes et des futures mères sont détaillés dans le tableau des profils.

3. Une étiquette complète et des analyses accessibles

L’étiquette doit indiquer la quantité de chaque nutriment par portion journalière recommandée [21]. Vérifiez d’abord à combien de gélules correspond ce tableau : 150 mg de magnésium annoncés pour trois gélules, c’est 50 mg par gélule.

Une étiquette vraiment utile précise aussi la forme chimique de chaque nutriment et exprime tout en µg ou en mg. Pour la vitamine A, repérez si elle provient de rétinol ou de bêta-carotène : des milligrammes de bêta-carotène ne se lisent pas comme des microgrammes de vitamine A.

Le contenu réel peut aussi s’écarter de l’étiquette. Pour les vitamines des compléments, les contrôles européens tolèrent un écart de +50 % à -20 % [22]. Aux États-Unis, les multivitamines pour adultes analysés contenaient le plus souvent davantage que les teneurs affichées [23]. En France, une enquête de la DGCCRF sur des compléments pour enfants a relevé des vitamines en deçà de l’étiquette dans 41 % des analyses et au-delà dans 27 % [24].

Des analyses publiées sont donc un gage de transparence : elles documentent la qualité d’un lot (contaminants, microbiologie), pas l’efficacité du produit. Leur absence ne prouve pas un défaut, mais elle empêche de vérifier. Pour les critères de qualité communs à tous les compléments, voir comment choisir un complément alimentaire.

4. Des formes documentées, sans surpayer les étiquettes « actives »

Les différences documentées entre formes portent surtout sur l’absorption ou un taux sanguin, pas sur un résultat de santé.

  • Vitamine D3 plutôt que D2 : elle relève mieux le taux sanguin de vitamine D, surtout en doses espacées [25] ; en prise quotidienne, la hausse est inférieure d’environ 40 % avec la D2, un écart qui n’est plus significatif chez les personnes en surpoids [26].
  • Zinc sous une autre forme que l’oxyde : à jeun, citrate et gluconate sont absorbés à environ 61 %, contre 50 % pour l’oxyde, dans une petite étude de 15 adultes [27].
  • Magnésium : les sels organiques sont mieux absorbés que les sels inorganiques comme l’oxyde, avec des résultats hétérogènes, même si toutes les formes permettent de maintenir un statut normal chez une personne en bonne santé sans déficit [28, 29] ; les technologies d’encapsulation s’appuient sur des mesures sanguines de quelques heures après une prise unique, dans un essai financé par le fournisseur [30]. Regardez surtout la quantité : si le magnésium est votre priorité, un complément dédié sera plus adapté (voir quel magnésium choisir).
  • Vitamine B12 et folates : la forme de B12 ne change pas son absorption [12] ; le méthylfolate relève bien le taux de folates [31], mais l’acide folique a aussi prouvé son effet préventif pendant la grossesse [32, 33].

Les formes départagent deux produits à doses comparables ; elles ne rattrapent jamais une dose inadaptée.

5. Un format tenable et un coût calculé par jour

Choisissez un format que vous prendrez réellement. Les gummies sont plus agréables, mais leur teneur réelle en vitamines et minéraux est rarement optimale (vitamines en bonbons). Comparez enfin le prix d’une journée de dose complète, pas celui de la boîte.

Les arguments des multivitamines qui ne justifient pas toujours de payer plus

  • « Plus dosé » : au-delà des besoins, aucun bénéfice n’est démontré, et les antioxydants à fortes doses ont été associés à une mortalité accrue [17].
  • « Plus complet » : il n’existe pas de définition standard du multivitamines [19], et une longue liste d’ingrédients ne dit rien des doses. L’intérêt d’ajouts de cofacteurs comme des extraits de plantes dépend des doses utilisées.
  • « Naturel » : l’origine d’un nutriment ne garantit ni son efficacité ni sa sécurité.
  • « Méthylé », « liposomal », « micro-encapsulé » : pour chacun, vérifiez les données d’absorption ou les études propriétaires [12, 30, 31].
  • Ingrédient breveté : il renseigne sur la spécification et la traçabilité d’un ingrédient, pas sur une supériorité clinique.
  • « Vendu en pharmacie », « fabriqué en France » : le statut réglementaire est le même partout [34] ; l’atout de la pharmacie est le conseil.
  • « Sans dioxyde de titane » : l’additif E171 est interdit dans les aliments, compléments compris, dans l’Union européenne depuis 2022 [35].
  • Formules « homme », « femme », « senior » : utiles seulement si leur composition diffère vraiment (fer, vitamine D, B12).

Lire l’étiquette d’un multivitamines : un exemple commenté

Exemple imaginaire, construit pour l’exercice : ces chiffres ne sont ni une recommandation ni un relevé du marché.

Exemple fictif d'étiquette de multivitamines : « Multi X », pour 2 comprimés

Nutriment (forme) Quantité % VNR
Vitamine D3 (cholécalciférol) 25 µg 500 %
Vitamine C (acide L-ascorbique) 80 mg 100 %
Vitamine B12 (cyanocobalamine) 2,5 µg 100 %
Fer (fumarate ferreux) 14 mg 100 %
Zinc (oxyde de zinc) 15 mg 150 %
Magnésium (oxyde de magnésium) 56 mg 15 %

VNR : valeur nutritionnelle de référence (étiquetage européen).

  • Vitamine D : 25 µg correspondent à 1 000 UI (1 µg = 40 UI [41]), soit cinq fois la VNR mais la moitié du plafond recommandé par l’Anses. Si vous recevez déjà des ampoules, parlez-en à votre médecin.
  • Zinc : 15 mg dépassent le plafond de 9,7 mg recommandé par l’Anses [16], sous une forme moins bien absorbée ; avec l’alimentation et un complément de zinc en plus, vous pourriez dépasser la limite de 25 mg par jour, toutes sources confondues, fixée par l’EFSA [15].
  • Fer : utile si vous avez des besoins, inutile sinon.
  • Magnésium : un apport marginal. Vérifiez que la quantité affichée est celle du magnésium lui-même, et non celle du sel entier, plus lourd.
  • B12 : de quoi compléter une alimentation omnivore, mais pas assez, seule, pour une alimentation végétalienne.

Verdict : un produit qui peut convenir à une femme ayant besoin de fer, à surveiller pour le zinc, peu adapté à un homme ou à une personne végétalienne.

Précautions : quand demander un avis ?

Les risques d’un multivitamines tiennent surtout au cumul de plusieurs produits [19] et aux interactions avec certains médicaments. Depuis 2012, la nutrivigilance de l’Anses a recensé 165 cas d’effets indésirables au moins possiblement liés à des compléments de vitamines et minéraux [16].

QUAND CONSULTER ?

Demandez l’avis de votre médecin ou de votre pharmacien avant d’acheter si :

  • Vous prenez un anticoagulant de type antivitamine K : la vitamine K d’un multi peut déséquilibrer le traitement [20] ;
  • Vous prenez un antibiotique de la famille des tétracyclines ou des quinolones, ou un bisphosphonate : les minéraux en réduisent l’absorption, il faut espacer les prises [28] ;
  • Vous prenez de la metformine ou un médicament contre l’acidité gastrique, qui peuvent réduire l’absorption de la B12 [12] ;
  • Vous fumez : l’EFSA recommande aux fumeurs d’éviter les compléments contenant du bêta-carotène [18] ;
  • Vous êtes enceinte, allaitez, avez un projet de grossesse, avez été opéré de l’obésité ou suivez un traitement au long cours ;
  • Des symptômes persistent (fatigue qui dure, essoufflement inhabituel) : ils méritent une consultation plutôt qu’un complément.

Votre checklist avant d’acheter

☐ J’ai une raison identifiée, pas seulement « au cas où ».

☐ Les doses restent proches des références et sous les plafonds.

☐ J’ai additionné tous mes compléments (vitamine D, zinc, B6, magnésium).

☐ La présence ou l’absence de fer correspond à ma situation.

☐ Sous antivitamine K, j’ai vérifié la vitamine K avec mon médecin.

☐ Chaque nutriment est chiffré en µg ou en mg, avec sa forme, pour la dose journalière complète.

☐ Les analyses du produit sont consultables.

☐ J’ai calculé le coût pour 30 jours de dose complète.

Le Multivitamines Nutri&Co au regard de ces critères

La même grille que pour toute autre formule, pour une dose de 3 gélules végétales par jour :

  • Doses : vitamines entre 100 et 200 % des VNR pour la plupart, vitamine D3 25 µg, magnésium 150 mg (40 % de la VNR), zinc 10 mg (0,3 mg au-dessus du plafond proposé par l'Anses).
  • Composition : sans fer, cuivre ni manganèse ; vitamine A apportée uniquement par du bêta-carotène d'algue, dans la limite des besoins recommandée par l'EFSA [18] ; vitamine K2 (80 µg).
  • Formes : D3 de lichen, zinc gluconate et méthylfolate, dont l'intérêt est documenté plus haut ; magnésium micro-encapsulé breveté et vitamine B9 brevetée Quatrefolic.
  • Transparence et prix : analyses disponibles sur le site ; 19,90 € les 60 gélules ou 27,90 € les 90, soit de 0,93 à 1,00 € par jour (prix au 25 septembre 2026).

Pour qui ? Un adulte dont l’alimentation ne couvre pas tous les besoins (repas peu variés, petit appétit, régime restrictif temporaire) et qui cherche un multi sans fer, à doses modérées, avec des formes documentées.

Limites : B12 (2,7 µg) insuffisante seule pour un végétalien, à compléter par un complément dédié ; déconseillé sous antivitamine K sans avis médical.

En cas de projet de grossesse : l'Acide folique Quatrefolic® apporte 400 µg de méthylfolate, et non d'acide folique, soit 600 µg de folates avec le Multivitamines. À associer sur avis de votre médecin ou sage-femme.

Composition détaillée et analyses : Multivitamines et minéraux Nutri&Co.

Vos questions, nos réponses

Nos experts répondent à toutes vos questions.

Aucune marque ne peut être désignée comme la meilleure dans l’absolu : aucune étude ne compare les formules entre elles sur des critères de santé. Comparez les doses, la composition au regard de votre profil, la clarté de l’étiquette et la disponibilité des analyses.

Pas sur le plan réglementaire : un complément alimentaire a le même statut, sans autorisation de mise sur le marché, quel que soit son lieu de vente [34]. L’intérêt de la pharmacie est le conseil, précieux si vous suivez un traitement.

Les principaux risques tiennent au cumul de plusieurs produits, qui peut faire dépasser les limites de sécurité [19], et aux interactions médicamenteuses listées plus haut. En cas d’effet inhabituel, parlez-en à un professionnel de santé (voir effets indésirables des compléments).

Aucune vitamine n'est « meilleure » dans l'absolu : l'intérêt d'un complément dépend de ce qui vous manque. En France, trois vitamines ressortent pourtant comme des points de vigilance :

  • La vitamine D : dans l'étude Esteban, un adulte sur quatre seulement avait un statut satisfaisant [2] ;
  • Les folates (vitamine B9) : 13 % des femmes de 18 à 49 ans présentaient un risque de déficit [2], et une supplémentation est recommandée avant une grossesse [37] ;
  • La vitamine B12 pour les personnes végétaliennes, qui ont du mal à couvrir leurs besoins [36].

Côté minéraux, le fer est le principal point de vigilance chez les femmes en âge de procréer [2]. Pour ces nutriments, un complément ciblé, choisi selon votre situation, est souvent plus adapté qu'un multivitamines.

Il n'existe pas de « meilleure cure » valable pour tout le monde, et aucune étude ne définit de durée idéale pour un multivitamines. La bonne durée dépend de la raison qui vous pousse à en prendre, par exemple une période de repas peu variés ou un régime restrictif temporaire. Prenez-le tant que cette situation dure, puis réévaluez votre besoin.

L'Anses recommande de demander l'avis d'un professionnel de santé et d'éviter les prises prolongées, répétées ou multiples [1]. Si une carence est diagnostiquée, votre médecin fixe la dose et la durée du traitement. Si une fatigue persiste, cherchez-en la cause plutôt que d'enchaîner les cures. Voir aussi : cure de vitamines.

La priorité est l’acide folique (vitamine B9) : une supplémentation de 400 µg par jour est recommandée, à commencer 4 semaines avant la conception et à poursuivre au moins 8 semaines après [37]. Pendant la grossesse, les apports satisfaisants en folates sont de 600 µg par jour [10].

L'Anses recommande aussi de ne prendre aucun complément pendant la grossesse sans l'avis d'un professionnel de santé. Elle conseille d'éviter de multiplier les sources de vitamines et minéraux quand aucun besoin n'est établi [38]. Si vous prenez déjà un multivitamines, montrez son étiquette à la personne qui vous suit. Pour aller plus loin : vitamine B9 et grossesse.

Besoin, dose, profil, étiquette : dans cet ordre

Le meilleur multivitamines n’est pas celui qui aligne le plus d’ingrédients ou les doses les plus spectaculaires. C’est celui qui répond à un besoin réel, à des doses proches de vos besoins, avec une composition qui tient compte de votre situation et une étiquette qui permet de tout vérifier.

Chez Nutri&Co, nous voyons le multivitamines comme un filet de sécurité à doses modérées pour les personnes dont l’alimentation ne couvre pas tout, jamais comme une assurance santé. Si un seul nutriment vous manque, ciblez-le. Si vous mangez varié et êtes en bonne santé, votre assiette fait déjà l’essentiel.

Références scientifiques

  1. Anses (2019). Food supplements, the need for informed consumption
  2. Santé publique France (2019). Étude de santé sur l'environnement, la biosurveillance, l'activité physique et la nutrition (Esteban 2014-2016). Volet Nutrition. Chapitre Dosages biologiques : vitamines et minéraux
  3. JAMA – O'Connor EA et al. (2022). Vitamin and mineral supplements for the primary prevention of cardiovascular disease and cancer: updated evidence report and systematic review for the US Preventive Services Task Force
  4. JAMA – Gaziano JM et al. (2012). Multivitamins in the prevention of cancer in men: the Physicians' Health Study II randomized controlled trial
  5. JAMA – Sesso HD et al. (2012). Multivitamins in the prevention of cardiovascular disease in men: the Physicians' Health Study II randomized controlled trial
  6. American Journal of Clinical Nutrition – Sesso HD et al. (2022). Multivitamins in the prevention of cancer and cardiovascular disease: the COcoa Supplement and Multivitamin Outcomes Study (COSMOS) randomized clinical trial
  7. US Preventive Services Task Force – Mangione CM et al. (2022). Vitamin, mineral, and multivitamin supplementation to prevent cardiovascular disease and cancer: US Preventive Services Task Force recommendation statement
  8. JAMA Network Open – Loftfield E et al. (2024). Multivitamin use and mortality risk in 3 prospective US cohorts
  9. American Journal of Clinical Nutrition – Vyas CM et al. (2024). Effect of multivitamin-mineral supplementation versus placebo on cognitive function: results from the clinic subcohort of the COSMOS randomized clinical trial and meta-analysis of 3 cognitive studies within COSMOS
  10. Anses (2021). Actualisation des références nutritionnelles françaises en vitamines et minéraux
  11. Parlement européen et Conseil de l'UE (2011). Règlement (UE) n° 1169/2011 concernant l'information des consommateurs sur les denrées alimentaires
  12. NIH Office of Dietary Supplements (2025). Vitamin B12: fact sheet for health professionals
  13. EFSA (2024). Scientific opinion on the tolerable upper intake level for iron
  14. Haute Autorité de santé (2024). Obésité de l'adulte : prise en charge de 2e et 3e niveaux. Partie II : pré et post-chirurgie bariatrique
  15. EFSA (2025). Overview on tolerable upper intake levels as derived by the Scientific Committee on Food (SCF) and the EFSA Panel on Dietetic Products, Nutrition and Allergies (NDA)
  16. Anses (2024). Avis relatif à la mise à jour de l'arrêté du 9 mai 2006 relatif aux nutriments pouvant être employés dans la fabrication des compléments alimentaires
  17. Cochrane – Bjelakovic G et al. (2012). Antioxidant supplements for prevention of mortality in healthy participants and patients with various diseases
  18. EFSA (2024). Scientific opinion on the tolerable upper intake level for preformed vitamin A and β-carotene
  19. NIH Office of Dietary Supplements (2024). Multivitamin/mineral supplements: fact sheet for health professionals
  20. Journal of Thrombosis and Haemostasis – Theuwissen E et al. (2013). Effect of low-dose supplements of menaquinone-7 (vitamin K2) on the stability of oral anticoagulant treatment: dose-response relationship in healthy volunteers
  21. DGCCRF (2025). Étiquetage, présentation et publicité des compléments alimentaires : les règles à connaître
  22. Commission européenne (2012). Guide à l'intention des autorités compétentes ayant trait à la fixation de tolérances pour les valeurs nutritionnelles déclarées sur les étiquettes
  23. American Journal of Clinical Nutrition – Andrews KW et al. (2017). Analytical ingredient content and variability of adult multivitamin/mineral products: national estimates for the Dietary Supplement Ingredient Database
  24. DGCCRF (2025). Compléments alimentaires : des anomalies encore trop nombreuses
  25. American Journal of Clinical Nutrition – Tripkovic L et al. (2012). Comparison of vitamin D2 and vitamin D3 supplementation in raising serum 25-hydroxyvitamin D status: a systematic review and meta-analysis
  26. Advances in Nutrition – van den Heuvel EGHM et al. (2024). Comparison of the effect of daily vitamin D2 and vitamin D3 supplementation on serum 25-hydroxyvitamin D concentration and importance of body mass index: a systematic review and meta-analysis
  27. Journal of Nutrition – Wegmüller R et al. (2014). Zinc absorption by young adults from supplemental zinc citrate is comparable with that from zinc gluconate and higher than from zinc oxide
  28. NIH Office of Dietary Supplements (2026). Magnesium: fact sheet for health professionals
  29. Nutrition – Pardo MR et al. (2021). Bioavailability of magnesium food supplements: a systematic review
  30. Nutrients – Pajuelo D et al. (2024). Comparative clinical study on magnesium absorption and side effects after oral intake of microencapsulated magnesium (MAGSHAPE™ microcapsules) versus other magnesium sources
  31. American Journal of Clinical Nutrition – Lamers Y et al. (2006). Red blood cell folate concentrations increase more after supplementation with [6S]-5-methyltetrahydrofolate than with folic acid in women of childbearing age
  32. Centers for Disease Control and Prevention (2026). MTHFR gene variant and folic acid facts
  33. Nutrients – Samaniego-Vaesken ML et al. (2024). Supplementation with folic acid or 5-methyltetrahydrofolate and prevention of neural tube defects: an evidence-based narrative review
  34. DGCCRF (2025). Compléments alimentaires : la présentation générale
  35. Commission européenne (2022). Règlement (UE) 2022/63 en ce qui concerne l'additif alimentaire dioxyde de titane (E 171)
  36. Anses (2025). Avis relatif à l'établissement de repères alimentaires destinés aux personnes suivant un régime d'exclusion de tout ou partie des aliments d'origine animale
  37. Haute Autorité de santé (2002). Acide folique CCD 0,4 mg, comprimé – Avis de la Commission de la transparence
  38. Anses (2017). Compléments alimentaires et grossesse : l'Anses recommande d'éviter la multiplication des sources de vitamines et minéraux en l'absence de besoins établis
  39. British Journal of Sports Medicine – Maughan RJ et al. (2018). IOC consensus statement: dietary supplements and the high-performance athlete
  40. Cespharm (2021). Compléments alimentaires et dopage : une norme européenne pour limiter les risques
  41. NIH Office of Dietary Supplements (s. d.). Vitamin D: fact sheet for health professionals



Rédigé par Benjamin Dariouch 

Benjamin Dariouch est Responsable valorisation scientifique & Expert nutraceutique chez Nutri&Co. Auteur de "L'Anti-inflammatoire décodé" (Eyrolles)

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